Renvoi accéléré et entrevue de crainte crédibleExpedited Removal (INA 235(b)(1)) and Credible Fear Interviews
Le renvoi accéléré est une procédure sommaire de renvoi prévue à l'article 235(b)(1) de l'Immigration and Nationality Act (INA) : pour les personnes jugées interdites de territoire pour fraude ou faute de document d'entrée valide, un agent d'immigration peut ordonner directement le renvoi, sans passer par le tribunal de l'immigration et, en principe, sans possibilité d'appel devant un juge de l'immigration. La seule exception importante : les personnes qui expriment une crainte de retourner dans leur pays ou l'intention de demander l'asile doivent d'abord passer une entrevue de crainte crédible.
Cette procédure s'appliquait autrefois surtout à la frontière et aux points d'entrée. En janvier 2025, le Département de la Sécurité intérieure (DHS) l'a étendue au maximum permis par la loi, visant les personnes entrées sans inspection, où qu'elles se trouvent aux États-Unis, qui ne peuvent prouver deux ans de présence continue. Les litiges connexes ont connu des développements importants en 2026. Nous expliquons ci-dessous le champ d'application, la façon de prouver deux ans de présence, la procédure de crainte crédible, les conséquences, ainsi que la situation particulière des titulaires de carte verte, des demandeurs d'asile et des personnes sous parole.
Qui peut faire l'objet d'un renvoi accéléré
Les deux catégories prévues par la loi
L'article 235(b)(1)(A) de l'INA prévoit que le renvoi accéléré s'applique aux personnes suivantes, interdites de territoire en vertu de l'INA 212(a)(6)(C) (obtenir ou tenter d'obtenir un visa, une admission ou un autre avantage en matière d'immigration par fraude ou fausse déclaration, ou se prétendre faussement citoyen américain) ou de l'INA 212(a)(7) (absence de visa, de passeport ou d'autre document d'entrée valide) :
- Les étrangers arrivants (arriving aliens) : notamment les personnes qui demandent l'admission à un point d'entrée;
- Les autres personnes désignées par le DHS : les personnes entrées aux États-Unis sans avoir été admises ni mises en liberté sous parole (not admitted or paroled) et qui ne peuvent démontrer à un agent d'immigration qu'elles sont physiquement présentes aux États-Unis de façon continue depuis deux ans. La loi autorise le DHS à décider de l'étendue réelle de l'application à l'intérieur de cette limite.
L'évolution du champ d'application
| Période | Champ d'application réel (résumé) |
|---|---|
| Depuis 1997 | Les étrangers arrivants aux points d'entrée |
| Depuis 2002 | Les personnes arrivées par voie maritime, non admises ni mises en liberté sous parole, présentes aux États-Unis depuis moins de deux ans |
| Depuis 2004 | Les personnes entrées sans inspection, interceptées à moins de 100 milles d'une frontière terrestre et entrées depuis moins de 14 jours |
| 2019 | Élargissement à toute personne se trouvant n'importe où aux États-Unis depuis moins de deux ans, annulé en 2022 |
| Depuis janvier 2025 | Nouvel élargissement au maximum permis par la loi : les personnes entrées sans inspection, n'importe où aux États-Unis, qui ne peuvent prouver deux ans de présence continue (avis publié au Federal Register le 24 janvier 2025, 90 FR 8139) |
Personnes non visées par le renvoi accéléré (règles générales)
- Les citoyens américains, les résidents permanents légitimes (titulaires de carte verte), et les personnes ayant obtenu le statut de réfugié ou d'asilé. Lorsqu'une personne affirme avoir l'un de ces statuts, l'agent doit le vérifier; s'il ne peut le faire, la revendication peut être examinée par un juge de l'immigration (8 CFR 235.3(b)(5)).
- Les personnes entrées légalement après inspection (par exemple avec un visa) et restées au-delà de la durée autorisée : le renvoi accéléré vise les deux motifs d'interdiction de territoire des articles 212(a)(6)(C) et 212(a)(7), et les personnes restées au-delà de leur visa relèvent généralement de la procédure devant le tribunal de l'immigration. Les cas d'entrée frauduleuse ou similaires exigent toutefois une analyse au cas par cas.
- Les mineurs étrangers non accompagnés : selon la loi, ils sont généralement renvoyés devant le tribunal de l'immigration.
- Les personnes déjà en procédure devant le tribunal de l'immigration : la procédure ne se transforme pas automatiquement en renvoi accéléré; mais en 2025 est apparue une pratique par laquelle le DHS demande d'abord le désistement du dossier devant le tribunal, puis soumet la personne au renvoi accéléré (voir plus bas).
Comment prouver deux ans de présence continue aux États-Unis
Depuis l'élargissement de 2025, la capacité de « prouver deux ans de présence aux États-Unis » est devenue déterminante pour qu'une personne entrée sans inspection et arrêtée à l'intérieur du pays échappe au renvoi accéléré. La loi exige que la personne démontre à la satisfaction d'un agent d'immigration (affirmatively show to the satisfaction of an immigration officer) qu'elle remplit cette condition; le fardeau de la preuve lui incombe. Dans une décision de juin 2026, la Cour d'appel fédérale du circuit du district de Columbia a aussi jugé que le droit à une procédure équitable n'oblige pas le gouvernement à informer d'avance les intéressés de ce moyen de défense. Les preuves doivent donc être préparées à l'avance et accessibles en tout temps.
Preuves utiles (plus il y en a, mieux c'est, et mieux elles couvrent toute la période de deux ans, mieux c'est) :
- baux, prêts hypothécaires, attestations du propriétaire; factures d'électricité, d'eau, de gaz, d'Internet et de téléphone cellulaire;
- talons de paie, attestations d'employeur, déclarations de revenus personnelles (les déclarations produites avec un ITIN sont aussi utiles);
- relevés bancaires, preuves de transferts d'argent;
- dossiers médicaux, preuves de consultations, d'ordonnances, de vaccination;
- dossiers d'inscription et bulletins scolaires de la personne ou de ses enfants;
- preuves d'appartenance et lettres d'attestation d'églises ou d'organismes communautaires;
- actes de naissance d'enfants nés aux États-Unis, certificat de mariage célébré aux États-Unis;
- immatriculation de véhicule, assurance, contraventions;
- accusés de réception de demandes d'immigration déjà déposées (asile, TPS, DACA, par exemple).
Conseils pratiques :
- Les preuves doivent être continues, idéalement avec des documents tous les quelques mois, pour démontrer l'absence de longs séjours hors des États-Unis.
- Remettez des copies papier ou électroniques à un proche fiable et à votre avocat, et conservez les originaux en lieu sûr. En cas de détention, on ne peut généralement pas avoir beaucoup de documents sur soi.
- En cas de détention, la famille ou l'avocat doit transmettre rapidement les preuves à l'ICE, soutenir que le renvoi accéléré ne s'applique pas et demander que le dossier soit traité par le tribunal de l'immigration.
- Ne falsifiez ni ne modifiez aucun document. Une fausse preuve peut elle-même constituer une fraude au sens de l'article 212(a)(6)(C) et avoir des conséquences permanentes.
Entrevue de crainte crédible et entrevue de crainte raisonnable
L'entrevue de crainte crédible (credible fear interview)
Pendant la procédure de renvoi accéléré, si la personne indique qu'elle compte demander l'asile ou qu'elle craint la persécution ou la torture, l'agent d'immigration doit la diriger vers un agent d'asile de l'U.S. Citizenship and Immigration Services (USCIS) pour une entrevue de crainte crédible (INA 235(b)(1)(A)(ii), (B); 8 CFR 208.30). Points essentiels :
- L'entrevue vise à déterminer s'il existe une « possibilité significative » (significant possibility) que la personne obtienne, devant le tribunal de l'immigration, l'asile, la suspension du renvoi (withholding of removal) ou la protection de la Convention contre la torture (CAT). Selon certaines règles, certaines personnes sont soumises à une norme de filtrage plus élevée; les règles applicables sont celles en vigueur au moment de l'entrevue.
- Avant l'entrevue, la personne peut consulter un avocat ou une autre personne (dans la mesure où cela ne retarde pas la procédure), et peut demander un interprète dans sa langue (par exemple le mandarin ou le cantonais pour les sinophones). L'entrevue se fait souvent par téléphone, et la personne demeure généralement détenue.
- Racontez les faits de façon véridique et précise : qui vous a fait du mal ou vous a menacé, pourquoi (race, religion, nationalité, opinions politiques, appartenance à un groupe social particulier, etc.), ce qui s'est passé, si le gouvernement vous a protégé, et si vous pourriez vivre en sécurité ailleurs dans votre pays.
- Les personnes qui réussissent l'entrevue reçoivent généralement un avis de comparution (NTA) et entrent dans une procédure complète devant le tribunal de l'immigration, où elles peuvent demander l'asile et d'autres recours (formulaire I-589; voir le Guide du formulaire I-589). La possibilité d'obtenir une caution est touchée par les controverses sur la détention depuis 2025; voir Détention et caution.
- Les personnes qui échouent peuvent demander un examen par un juge de l'immigration. La loi exige que cet examen ait lieu rapidement, dans la mesure du possible dans les 24 heures et au plus tard dans les 7 jours (INA 235(b)(1)(B)(iii)(III)). Lorsque l'agent vous demande si vous voulez cet examen, répondez clairement que oui. Si le juge confirme la décision négative, il n'est généralement pas possible de faire appel au Board of Immigration Appeals (BIA), et la mesure de renvoi peut alors être exécutée.
L'entrevue de crainte raisonnable (reasonable fear interview)
L'entrevue de crainte raisonnable s'applique à deux autres catégories : les personnes dont une mesure de renvoi antérieure est rétablie (reinstatement, INA 241(a)(5)), et les personnes qui ne sont pas titulaires d'une carte verte et font l'objet d'un renvoi administratif pour aggravated felony (INA 238(b)) (8 CFR 208.31). Ces personnes ne peuvent généralement pas demander l'asile et peuvent seulement demander la suspension du renvoi ou la protection de la CAT. La norme est celle d'une « possibilité raisonnable » (reasonable possibility) de persécution ou de torture, plus exigeante que celle de la crainte crédible. Les personnes qui réussissent entrent dans une procédure limitée à la suspension du renvoi et à la CAT (withholding-only proceedings); celles qui échouent peuvent aussi demander un examen par un juge de l'immigration.
Conséquences d'un renvoi accéléré
- Interdiction d'entrée de 5 ans : la personne renvoyée par renvoi accéléré ne peut généralement pas revenir aux États-Unis pendant 5 ans après le renvoi; 20 ans en cas de deuxième renvoi ou de renvoi subséquent; de façon permanente en cas d'aggravated felony (INA 212(a)(9)(A)(i)). Pendant cette période, on peut demander une autorisation préalable au moyen du formulaire I-212 (Guide du formulaire I-212), mais l'approbation relève du pouvoir discrétionnaire du gouvernement.
- Conséquences à long terme d'une conclusion de fraude : si le renvoi accéléré était fondé sur l'article 212(a)(6)(C) (fraude ou fausse déclaration), cette conclusion entraîne en elle-même une interdiction de territoire permanente, dont seules certaines personnes peuvent demander la levée; une fausse déclaration de citoyenneté américaine ne peut généralement pas faire l'objet d'une dispense.
- Nouvelle entrée illégale : entrer ou tenter d'entrer sans autorisation après un renvoi peut entraîner le rétablissement de la mesure de renvoi antérieure et l'interdiction permanente de l'article 212(a)(9)(C), et peut constituer un crime fédéral (8 U.S.C. 1326). Voir Après une mesure de renvoi.
- Contrôle judiciaire extrêmement limité : l'article 242(e) de l'INA restreint sévèrement le contrôle des mesures de renvoi accéléré par les tribunaux; seules quelques questions peuvent essentiellement être examinées, par voie d'habeas corpus (par exemple si la personne est résidente permanente, réfugiée ou asilée, et si une mesure de renvoi accéléré a effectivement été prise). La Cour suprême a validé ces restrictions dans DHS v. Thuraissigiam (2020).
Différences entre le renvoi accéléré et la procédure devant le tribunal de l'immigration
| Élément | Renvoi accéléré (INA 235(b)(1)) | Procédure de renvoi devant le tribunal de l'immigration (INA 240) |
|---|---|---|
| Qui décide | Agent d'immigration du DHS | Juge de l'immigration |
| Audience | Aucune audience; seulement l'entrevue de crainte crédible et son examen par un juge | Audiences préliminaires (master calendar) et audience individuelle, avec possibilité de présenter des preuves et de faire entendre des témoins |
| Représentation par avocat | Aucun droit légal à un avocat; en pratique, le rôle de l'avocat est limité | Possibilité de retenir à ses frais un avocat pour la représentation à l'audience |
| Recours possibles | Essentiellement l'asile et autres recours devant le tribunal après réussite de l'entrevue de crainte crédible | Asile, annulation du renvoi, ajustement de statut, départ volontaire, etc. (voir Recours possibles) |
| Appel | Généralement aucun appel; contrôle judiciaire extrêmement limité | Appel au BIA, puis demande de contrôle judiciaire devant une cour d'appel fédérale |
| Détention | Détention obligatoire pendant la procédure; seule une parole discrétionnaire du DHS est possible | Dépend du fondement de la détention; voir Détention et caution |
| Interdiction d'entrée après le renvoi | Généralement 5 ans | Généralement 10 ans (5 ans pour une procédure engagée à l'arrivée à un point d'entrée; plus long en cas de renvois multiples ou d'aggravated felony) |
Situations particulières
Titulaires de carte verte
Les résidents permanents légitimes ne sont pas visés par le renvoi accéléré. En cas d'erreur sur la personne, présentez votre carte verte ou une autre preuve de statut; si l'agent ne peut la vérifier, vous pouvez demander qu'un juge de l'immigration examine votre revendication de statut. Toutefois, un titulaire de carte verte qui revient par un point d'entrée peut être considéré comme « demandant l'admission » en raison d'antécédents criminels, d'une longue absence ou d'autres motifs, puis être renvoyé devant le tribunal de l'immigration; voir Voyager avec une carte verte.
Demandeurs d'asile
La possibilité d'appliquer le renvoi accéléré à une personne ayant déposé auprès de l'USCIS une demande d'asile (I-589) encore à l'étude dépend de faits comme le mode d'entrée et la durée de présence aux États-Unis. La demande déposée et son accusé de réception constituent eux-mêmes des preuves importantes de la durée de présence et de la crainte invoquée; en cas de détention, présentez-les immédiatement et dites clairement que vous craignez de retourner dans votre pays. Le délai général d'un an après l'entrée pour demander l'asile continue de s'appliquer; ne tardez pas.
Personnes sous parole
Selon la loi, la catégorie des « deux ans » ne vise que les personnes entrées sans avoir été admises ni mises en liberté sous parole; les personnes entrées sous parole ne devraient donc pas en faire partie. Le DHS soutient toutefois que les personnes admises aux États-Unis sous parole à un point d'entrée demeurent, selon la réglementation, des « étrangers arrivants » (8 CFR 1.2), et que le renvoi accéléré peut leur être appliqué à ce titre une fois leur parole terminée ou expirée. Une note interne du DHS de janvier 2025 demandait aux agents d'envisager d'appliquer le renvoi accéléré aux personnes sous parole. Un tribunal de district avait partiellement suspendu cette pratique, mais le 11 août 2026, la Cour d'appel fédérale du circuit du district de Columbia a annulé cette suspension au motif que les demandeurs n'avaient pas démontré que le préjudice pouvait être réparé (redressability) (Coalition for Humane Immigrant Rights v. Mullin), sans se prononcer sur le fond de la légalité de la politique.
Prenons l'exemple du programme de parole pour Cuba, Haïti, le Nicaragua et le Venezuela (CHNV) : le DHS a annoncé la fin du programme en mars 2025, et la Cour suprême a permis au gouvernement, le 30 mai 2025, de mettre fin au programme pendant le litige. Les anciens bénéficiaires de parole sans autre statut ni demande pendante peuvent faire face à une procédure devant le tribunal de l'immigration ou à un renvoi accéléré. Ceux qui ont déposé une demande d'asile, de TPS, d'ajustement de statut fondé sur la famille ou autre doivent conserver tous les accusés de réception et documents, et faire évaluer leur situation par un avocat le plus tôt possible. Chaque programme de parole est différent et exige une analyse au cas par cas.
Changements récents (vérifiés en date du 11 octobre 2026)
- Élargissement de janvier 2025 : le DHS a publié au Federal Register un avis étendant le renvoi accéléré aux personnes entrées sans inspection, se trouvant n'importe où au pays et présentes aux États-Unis depuis moins de deux ans.
- Make the Road New York v. Noem (au gré du remplacement des fonctionnaires défendeurs, l'affaire a été intitulée successivement v. Huffman et v. Noem, et était intitulée v. Mullin au moment de l'arrêt d'appel) : plusieurs organismes ont contesté cet élargissement en justice. Le tribunal fédéral du district de Columbia a suspendu l'élargissement le 29 août 2025; mais le 23 juin 2026, la Cour d'appel du circuit du district de Columbia a annulé cette suspension par 2 voix contre 1, estimant que le moyen fondé sur le droit à une procédure équitable avait peu de chances de réussir (le juge Wilkins était partiellement dissident, estimant que la procédure actuelle ne donne pas aux résidents de l'intérieur du pays une possibilité réelle de prouver deux ans de présence). Le 17 juillet 2026, avant même de délivrer officiellement son mandat (mandate), la formation a entièrement suspendu l'ordonnance de suspension du tribunal de district, et l'élargissement a aussitôt repris dans l'ensemble du pays. Les demandeurs ont sollicité le 27 juillet 2026 une nouvelle audition par la cour plénière (rehearing en banc); en date de la vérification, nous n'avons trouvé aucune information sur l'issue de cette demande ni sur une acceptation de l'affaire par la Cour suprême, et l'instance se poursuit aussi devant le tribunal de district; la situation pourrait encore changer.
- Personnes sous parole : voir plus haut; en août 2026, la Cour d'appel du circuit du district de Columbia a annulé la suspension partielle de l'application du renvoi accéléré aux personnes sous parole.
- Arrestations après désistement à l'audience : depuis mai 2025, on a vu dans plusieurs régions des avocats du DHS demander à l'audience le désistement du dossier devant le tribunal de l'immigration, puis l'ICE arrêter les intéressés dans le palais de justice ou à proximité et les soumettre au renvoi accéléré. Le 30 septembre 2026, dans l'affaire African Communities Together v. Lyons (l'intitulé du dossier peut avoir changé avec le remplacement des fonctionnaires défendeurs), le tribunal fédéral du district sud de New York a jugé arbitraire et abusive la politique de l'ICE de 2025 consistant à procéder à des arrestations massives dans les tribunaux de l'immigration et à leurs abords, et l'a annulée; selon les informations publiées par les avocats des demandeurs, cette décision s'applique à l'ensemble du pays et a pris effet immédiatement. Pour la suite, notamment un éventuel appel du gouvernement, référez-vous aux derniers développements. Si le DHS dépose une requête en désistement, discutez d'abord avec votre avocat de la réponse à y donner plutôt que d'y consentir simplement.
Comment nous pouvons vous aider
- Aider les personnes non détenues à organiser et à conserver les preuves de leur durée de présence aux États-Unis, et évaluer si un autre statut ou recours est possible.
- Lorsqu'un proche est détenu et visé par un renvoi accéléré, transmettre rapidement à l'ICE les preuves de deux ans de présence et autres, en soutenant que le dossier doit plutôt être traité par le tribunal de l'immigration.
- Préparer les entrevues de crainte crédible et de crainte raisonnable ainsi que l'examen par le juge de l'immigration, aider l'intéressé à présenter son récit de façon ordonnée et déposer des documents écrits.
- Lorsque le DHS demande le désistement d'un dossier devant le tribunal, évaluer les avantages et inconvénients et y répondre au nom du client.
- Évaluer la faisabilité des recours devant les tribunaux fédéraux, comme l'habeas corpus (dont la portée est très étroite), en collaboration avec des avocats ayant les admissions requises.
Le renvoi accéléré est extrêmement rapide et les recours sont limités. Nous ne pouvons garantir aucun résultat, mais plus nous intervenons tôt, plus les options sont nombreuses.
Questions fréquentes
Je suis entré avec un visa de touriste et je suis resté au-delà de la durée autorisée. Puis-je faire l'objet d'un renvoi accéléré?
En général, non. Le renvoi accéléré vise les personnes interdites de territoire pour fraude ou faute de document d'entrée valide; les personnes entrées légalement après inspection et restées au-delà de la durée autorisée relèvent généralement du tribunal de l'immigration. Toutefois, s'il y a eu des problèmes comme une fausse déclaration à l'entrée, la situation peut être différente; faites examiner votre dossier par un avocat.
Je vis aux États-Unis depuis cinq ans sans aucun statut. Puis-je quand même faire l'objet d'un renvoi accéléré?
Selon la loi, les personnes entrées sans inspection qui peuvent prouver deux ans de présence continue aux États-Unis ne relèvent pas du renvoi accéléré. L'essentiel est de pouvoir, au moment de la détention, produire des preuves qui satisfont l'agent d'immigration. Rassemblez dès maintenant des documents continus — baux, factures, déclarations de revenus, dossiers médicaux — et confiez-les à vos proches et à votre avocat.
Puis-je avoir un avocat en cas de renvoi accéléré?
Il n'existe aucun droit légal à un avocat dans le renvoi accéléré, et la procédure est très rapide. Vous pouvez toutefois demander à joindre un avocat, et votre famille ou votre avocat peut transmettre des preuves à l'ICE et vous aider aux étapes de l'entrevue de crainte crédible et de l'examen par le juge. Avant l'entrevue de crainte crédible, la réglementation permet de consulter un avocat ou une autre personne.
Que faire si j'échoue à l'entrevue de crainte crédible?
Vous pouvez demander un examen par un juge de l'immigration, qui a généralement lieu en quelques jours. Lorsque l'agent vous demande si vous voulez cet examen, répondez clairement « oui ». Si le juge confirme la décision négative, il n'y a généralement plus d'appel possible et la mesure de renvoi peut être exécutée.
Après un renvoi accéléré, combien de temps avant de pouvoir revenir aux États-Unis?
En général, l'entrée est interdite pendant 5 ans (20 ans après un deuxième renvoi), et l'on peut pendant cette période demander une autorisation préalable au moyen du formulaire I-212. Si le dossier de renvoi comporte une conclusion de fraude, il peut exister en plus une interdiction de territoire permanente qui exige une dispense. Les conséquences d'une nouvelle entrée illégale sont très graves.
J'étais sous parole dans le cadre du programme CHNV ou d'un autre programme, et ma parole a pris fin. Que faire?
Faites évaluer le plus tôt possible par un avocat s'il existe une autre voie vers un statut (asile, TPS, ajustement de statut fondé sur la famille, par exemple), et conservez les accusés de réception des demandes déjà déposées. En cas de détention, présentez tous vos documents; si vous craignez de retourner dans votre pays, dites-le clairement. Le DHS estime que les personnes admises sous parole à un point d'entrée peuvent, une fois leur parole terminée, faire l'objet d'un renvoi accéléré à titre d'« étrangers arrivants », et les litiges à ce sujet se poursuivent.
Sources officielles
- Federal Register : Designating Aliens for Expedited Removal (24 janvier 2025)
- 8 U.S.C. 1225 (INA 235, y compris le renvoi accéléré et la procédure de crainte crédible)
- Règlement fédéral 8 CFR Part 208 (dont 208.30, crainte crédible, et 208.31, crainte raisonnable)
- Règlement fédéral 8 CFR Part 235 (dont 235.3, procédure de renvoi accéléré)
- Arrêt de la Cour d'appel du circuit du district de Columbia : Make the Road New York v. Mullin, n° 25-5320 (23 juin 2026)
- Arrêt de la Cour d'appel du circuit du district de Columbia : Coalition for Humane Immigrant Rights v. Mullin, n° 25-5289 (11 août 2026)
- Département de la Justice des États-Unis – Executive Office for Immigration Review (EOIR)
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Cette page est informative et ne constitue pas un avis juridique. Les procédures et politiques des tribunaux de l’immigration évoluent rapidement, et l’issue d’un dossier dépend de ses faits précis. Si vous avez reçu un avis de comparution ou si un proche est détenu, consultez un avocat sans tarder.