Que faire si l’on vous dirige vers une inspection secondaire ou si l’on fouille votre téléphone à l’entréeSecondary inspection and device searches at the U.S. border
Toute personne qui arrive aux États-Unis par avion depuis l’étranger, ou qui entre par un point d’entrée terrestre, doit se soumettre à l’inspection à l’entrée du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (U.S. Customs and Border Protection, CBP) (article 235(a)(3) de l’INA). La plupart des voyageurs repartent après avoir répondu à quelques questions au comptoir; certains sont invités à passer dans une autre pièce pour un examen plus poussé : c’est ce que l’on appelle l’« inspection secondaire », parfois surnommée la « petite salle noire » par les voyageurs sinophones.
Cet article explique ce que sont l’inspection primaire et l’inspection secondaire, en quoi les droits des citoyens américains, des titulaires de la carte verte et des visiteurs munis d’un visa diffèrent à la frontière, quelles règles encadrent la fouille des téléphones et des ordinateurs par le CBP (y compris la nouvelle directive entrée en vigueur en 2026), ainsi que ce que vous pouvez faire sur place et les recours après coup. Cet article ne présente que des façons de faire conformes à la loi et ne donne aucun conseil pour se soustraire à l’inspection.
Qu’est-ce que l’inspection primaire et l’inspection secondaire?
- Inspection primaire (primary inspection) : au comptoir d’entrée ou dans la voie d’un point d’entrée terrestre, l’agent du CBP examine votre passeport, votre visa ou votre carte verte, prend vos empreintes et votre photo, vous pose quelques questions (but du voyage, durée du séjour, lieu d’hébergement, etc.) et décide de vous laisser passer ou de vous diriger vers l’inspection secondaire.
- Inspection secondaire (secondary inspection) : lorsque l’agent estime qu’une vérification plus poussée est nécessaire, il vous conduit dans une zone distincte, où l’on peut vous interroger de nouveau, consulter des bases de données et fouiller vos bagages et vos appareils électroniques. L’attente peut durer de quelques minutes à plusieurs heures.
Selon les données publiées par le CBP, au cours de l’exercice 2024, le CBP a traité plus de 420 millions d’entrées de voyageurs aux points d’entrée, dont 12 660 784 (environ 3 %) ont été dirigées vers l’inspection secondaire. Autrement dit, l’inspection secondaire est en soi une étape courante. Parmi les motifs d’inspection indiqués par le CBP figurent notamment : des documents de voyage incomplets, une infraction antérieure aux lois appliquées par le CBP, un nom identique ou semblable à celui d’une personne figurant dans une base de données d’application de la loi, un contrôle aléatoire, etc. Le CBP précise aussi que l’inspection ne doit pas reposer sur des motifs discriminatoires comme la race, le sexe, la religion ou l’origine ethnique; pendant l’inspection, l’agent peut ne pas répondre à des questions précises sur celle-ci, mais vous pouvez en tout temps demander à parler à un superviseur du CBP (supervisor).
Vos droits dépendent de votre statut
La frontière est une zone juridique particulière : le pouvoir d’inspection du gouvernement y est beaucoup plus étendu qu’à l’intérieur des États-Unis, et les droits à la frontière varient considérablement selon le statut de la personne.
| Statut | Peut-on vous refuser l’entrée? | Ce qui peut arriver |
|---|---|---|
| Citoyen américain | Une fois la citoyenneté prouvée, l’entrée ne peut pas être refusée | Interrogatoire prolongé, fouille des bagages et des appareils; les appareils peuvent être retenus |
| Titulaire de la carte verte (y compris la carte verte conditionnelle) | En général, l’agent du CBP ne peut pas retirer le statut sur place et refuser l’entrée; la perte du statut doit en fin de compte être décidée par un juge de l’immigration | Examen possible à titre de « demandeur d’admission »; demande de signer l’I-407; inspection différée (deferred inspection); remise d’un avis de comparution (NTA); les appareils peuvent être retenus |
| Non-immigrants, notamment titulaires de visa et voyageurs avec ESTA (exemption de visa) | L’entrée peut être refusée | Autorisation possible de retirer la demande d’admission (I-275) puis de repartir par avion; ou renvoi accéléré (accompagné d’une interdiction d’entrée de 5 ans); ou, en cas de crainte invoquée, procédure de crainte crédible |
Citoyens américains
Le citoyen américain doit présenter une preuve d’identité (habituellement un passeport américain) à l’entrée; une fois sa citoyenneté prouvée, il a le droit d’entrer. Le site du CBP précise que le citoyen américain ne se verra pas refuser l’entrée du seul fait qu’il ne collabore pas à la fouille d’un appareil, mais l’appareil peut tout de même être retenu ou faire l’objet d’autres mesures. Le citoyen peut lui aussi être interrogé et inspecté longuement.
Titulaires de la carte verte
Selon l’article 101(a)(13)(C) de l’Immigration and Nationality Act (INA), le résident permanent légitime qui revient aux États-Unis n’est généralement pas considéré comme « demandant l’admission »; il n’est examiné comme demandeur d’admission que dans certaines situations, par exemple s’il :
- a abandonné ou remis son statut de résident permanent;
- a été absent des États-Unis de façon continue pendant plus de 180 jours;
- s’est livré à une activité illégale après avoir quitté les États-Unis;
- a quitté les États-Unis pendant qu’une procédure judiciaire, comme une procédure d’expulsion ou d’extradition, était engagée contre lui;
- a commis certaines infractions énumérées à l’article 212(a)(2) de l’INA (sauf s’il a obtenu la dispense ou la mesure de redressement correspondante);
- tente d’entrer à un moment ou à un endroit autres que ceux désignés par les agents d’immigration, ou est entré sans inspection ni autorisation.
Même dans ces situations, vous bénéficiez des garanties suivantes :
- Vous n’êtes pas tenu de signer l’I-407 sur place. L’I-407 (constat d’abandon du statut de résident permanent) doit être signé de façon volontaire. Le formulaire lui-même indique qu’en le signant, vous renoncez à votre droit à une audience devant un juge de l’immigration sur la question de votre statut. Si vous ne pensez pas avoir abandonné votre statut, vous pouvez refuser de signer et demander que la question soit tranchée par un juge de l’immigration. Selon la documentation de l’American Immigration Lawyers Association (AILA), devant le tribunal de l’immigration, le gouvernement doit prouver l’abandon du statut par une preuve « claire, sans équivoque et convaincante ». Voir Le formulaire I-407 en détail.
- Votre dossier peut être renvoyé à un juge de l’immigration. Si le CBP estime que vous ne devriez pas être admis comme résident permanent, il peut délivrer un avis de comparution (Notice to Appear, NTA), et l’affaire est alors entendue par le tribunal de l’immigration; voir L’avis de comparution (NTA). Selon la loi, la personne qui affirme être résidente permanente ne fait pas partie des personnes qui peuvent faire l’objet d’un renvoi accéléré directement au point d’entrée; son affirmation doit être vérifiée ou réexaminée (article 235(b)(1)(C) de l’INA, 8 CFR 235.3(b)(5)).
- Une inspection différée peut être prévue. Lorsque l’agent estime que vous pourriez régler la question, par exemple en fournissant des preuves supplémentaires, il peut reporter l’inspection, vous laisser entrer et vous demander de terminer l’inspection à un bureau désigné (8 CFR 235.2, en vertu d’un parole).
- Si l’on vous retire votre carte verte : la documentation de l’AILA recommande de demander une autre preuve de statut, comme un tampon de statut temporaire dans le passeport; conservez tous les documents que l’agent vous remet.
Pour les risques que fait peser sur le statut une longue absence des États-Unis, voir Longues absences des titulaires de la carte verte et l’évaluation des risques de voyage pour les titulaires de la carte verte.
Titulaires de visa et visiteurs
Les personnes munies d’un visa de non-immigrant (B1/B2, F-1, H-1B, etc.) ou qui entrent avec une ESTA (exemption de visa) sont des « demandeurs d’admission » : elles doivent prouver qu’elles remplissent les conditions d’entrée de la catégorie de visa qu’elles détiennent. Le visa vous permet seulement de vous présenter au point d’entrée pour demander l’admission; c’est le CBP qui décide de vous laisser entrer ou non. Si vous êtes jugé interdit de territoire, trois issues sont courantes :
- Retrait de la demande d’admission (withdrawal of application for admission) : l’agent peut, à sa discrétion, vous permettre de retirer votre demande d’admission, ce qui est habituellement consigné sur le formulaire I-275, puis vous devez repartir par avion dès que possible (8 CFR 235.4). Le retrait doit être volontaire, mais ce n’est pas un droit : l’agent décide s’il l’autorise. Le retrait est distinct d’une mesure de renvoi et n’entraîne généralement pas la période d’interdiction d’entrée qui suit un renvoi, mais il reste inscrit à votre dossier d’immigration et l’on pourra vous en parler lors de futures demandes de visa ou entrées.
- Renvoi accéléré (expedited removal) : si l’on conclut au point d’entrée à une fraude ou à une fausse déclaration (article 212(a)(6)(C) de l’INA) ou à l’absence de document d’entrée valide (article 212(a)(7) de l’INA, par exemple lorsqu’on estime que vous venez en réalité pour immigrer), l’agent peut ordonner le renvoi directement, sans passer par un juge de l’immigration (article 235(b)(1) de l’INA). La personne qui fait l’objet d’un renvoi accéléré ne peut généralement pas revenir aux États-Unis pendant 5 ans (article 212(a)(9)(A)(i) de l’INA); voir Le renvoi accéléré.
- Procédure de crainte crédible : si vous craignez d’être persécuté ou torturé à votre retour dans votre pays, dites-le clairement à l’agent; cela déclenche une entrevue de crainte crédible, plutôt qu’un renvoi direct.
Pour les conditions d’entrée des visiteurs avec un visa ou une ESTA, voir ESTA, EVUS et entrée des visiteurs.
Pouvez-vous exiger la présence d’un avocat?
En général, non. Le règlement fédéral 8 CFR 292.5(b) précise que le demandeur d’admission soumis à une inspection primaire ou secondaire n’a pas droit à la représentation par un avocat, sauf s’il est devenu la cible d’une enquête criminelle et qu’il est détenu. Le CBP peut refuser l’accès de la zone d’inspection à un avocat et peut aussi vous empêcher de téléphoner.
Vous pouvez néanmoins demander à communiquer avec un avocat ou un proche; même si la demande est refusée, elle aura été consignée. Ayez sur vous une carte portant le nom et le numéro de téléphone de votre avocat, afin de pouvoir le joindre dès la fin de l’inspection ou dès que l’on vous permet de téléphoner. Une fois sorti de la zone d’inspection, vous pouvez appeler un avocat immédiatement.
Fouille du téléphone et de l’ordinateur : les règles du CBP
Le pouvoir de fouille du CBP à la frontière s’étend aux appareils électroniques; il repose sur les titres 6, 8 et 19 du Code des États-Unis. Les modalités sont encadrées par des directives internes du CBP : la CBP Directive 3340-049A de 2018 a été remplacée par la CBP Directive 3340-049B, entrée en vigueur le 1er janvier 2026 (Border Search of Electronic Devices). La nouvelle directive maintient la distinction entre « fouille de base » et « fouille avancée » et élargit la définition d’« appareil électronique » (par exemple clés USB, cartes SIM, appareils GPS, drones, systèmes d’infodivertissement des véhicules, montres intelligentes). Ce qui suit résume cette directive et les explications du site du CBP; la directive est une politique interne du CBP et ne confère pas en soi aux voyageurs de droits qu’ils pourraient faire valoir.
| Élément | Fouille de base (basic search) | Fouille avancée (advanced search) |
|---|---|---|
| En quoi elle consiste | L’agent consulte directement le contenu stocké dans l’appareil (photos, messages, fichiers, etc.) | L’appareil est branché à un équipement externe pour copier, examiner ou analyser ses données |
| Motif requis | Possible avec ou sans soupçon | Il faut un soupçon raisonnable (reasonable suspicion) d’infraction aux lois appliquées par le CBP; en l’absence de soupçon raisonnable individualisé, il faut une préoccupation liée à la sécurité nationale |
| Approbation | Aucune approbation particulière n’est requise | Approbation d’un superviseur de grade 14 (GS-14) ou supérieur; lorsque le seul motif est la sécurité nationale, approbation d’un responsable de niveau plus élevé |
Quelques règles essentielles
- Seul le contenu stocké dans l’appareil est examiné; l’agent ne doit pas accéder délibérément au nuage. La directive interdit à l’agent d’utiliser intentionnellement l’appareil pour accéder à des renseignements stockés uniquement à distance (dans le nuage) et prévoit que vous ou l’agent désactiviez la connexion réseau de l’appareil (par exemple en activant le mode avion); les mots de passe obtenus ne doivent pas non plus servir à accéder à des renseignements stockés uniquement à distance.
- Le voyageur est tenu de présenter l’appareil dans un état permettant l’inspection. L’agent peut vous demander votre aide et vos mots de passe. Si un mot de passe ou un chiffrement empêche l’inspection, l’appareil peut être retenu.
- Durée de la rétention et reçu. La rétention d’un appareil ne devrait généralement pas dépasser 5 jours; toute prolongation exige l’approbation d’un niveau supérieur, et au-delà de 15 jours, chaque prolongation ne peut dépasser 7 jours. Si votre appareil est retenu, l’agent doit vous remettre avant votre départ un reçu de bien retenu, Form 6051D, qui indique l’objet et la personne-ressource du CBP. Si l’appareil est saisi (seizure), vous recevrez un avis et pourrez contester la saisie auprès du bureau local des amendes, pénalités et confiscations (Fines, Penalties and Forfeitures) du CBP.
- Conservation des données. S’il existe un motif probable (probable cause) de croire à une infraction, ou si les renseignements concernent l’application des lois en matière d’immigration, de douanes, etc., le CBP peut en conserver une copie; sinon, la copie doit être supprimée dans les 21 jours suivant la fin de l’inspection. Le site du CBP précise que les renseignements conservés peuvent être versés dans l’Automated Targeting System (ATS), généralement pour une durée maximale de 15 ans, et communiqués à d’autres organismes.
- Documents protégés par le secret professionnel de l’avocat. Lorsque vous affirmez que certains contenus sont protégés par le secret professionnel de l’avocat (attorney-client privilege) ou par la protection du travail de l’avocat (work product), l’agent doit vous demander de préciser les fichiers, les dossiers, les noms des avocats ou des clients concernés, et communiquer avec le bureau du conseiller juridique du CBP avant d’examiner ces contenus; ceux-ci sont habituellement isolés et traités par une équipe spécialisée (Filter Team). Invoquer le secret professionnel n’empêche pas la fouille : cela déclenche seulement une procédure de traitement particulière. Les dossiers médicaux, les documents de travail des journalistes, les renseignements commerciaux confidentiels, etc., font aussi l’objet d’exigences de traitement particulières.
- Vous êtes habituellement présent pendant la fouille. La directive exige en général que la fouille se fasse en présence de la personne concernée, mais pour des raisons de sécurité nationale, d’application de la loi ou de fonctionnement, l’agent peut vous empêcher d’y assister.
Si vous refusez de déverrouiller : les conséquences selon le statut
| Statut | Conséquences possibles d’un refus de fournir le mot de passe ou de déverrouiller |
|---|---|
| Citoyen américain | L’entrée ne sera pas refusée pour ce seul motif; mais la retenue pour interrogatoire peut être prolongée, et l’appareil peut être retenu, voire ne pas être rendu avant longtemps |
| Titulaire de la carte verte | L’entrée devrait généralement être accordée, mais l’appareil peut être retenu; votre statut peut aussi être examiné plus attentivement |
| Titulaire de visa, visiteur | Le CBP indique que, pour un étranger, le refus de collaborer à la fouille peut être pris en compte dans la décision d’admission (l’impossibilité d’examiner l’appareil ne détermine pas à elle seule l’admissibilité); en pratique, l’entrée peut être refusée et l’appareil peut aussi être retenu |
Fournir ou non votre mot de passe est une décision qui vous appartient, une fois que vous en connaissez les conséquences. Quel que soit votre choix, ne prétendez pas que vous n’avez pas de mot de passe, ne donnez pas un faux mot de passe, et ne supprimez ni ne cachez de données pendant la fouille : ces gestes peuvent être considérés comme une entrave à l’application de la loi ou comme une fausse déclaration.
La position des tribunaux
Les tribunaux américains reconnaissent généralement que le gouvernement dispose d’un large pouvoir de fouille à la frontière, mais les cours d’appel fédérales de circuit ne s’entendent pas entièrement sur la norme applicable à la fouille d’appareils comme les téléphones, en particulier sur la question de savoir si une fouille judiciaire (forensic) exige un soupçon raisonnable. En date d’octobre 2026, dans l’affaire United States v. Alisigwe tranchée le 17 septembre 2026, la Cour d’appel fédérale du deuxième circuit a conclu que la fouille manuelle d’un téléphone à la frontière n’exige ni mandat ni aucun soupçon, sans toutefois trancher la question de savoir si une fouille judiciaire exige un soupçon raisonnable. Les décisions des tribunaux ne lient que le circuit concerné et peuvent encore évoluer.
Changements en 2025-2026
En date d’octobre 2026, les changements vérifiables sont les suivants :
- Nombre record de fouilles d’appareils : selon les données publiées par le CBP et citées par des cabinets d’avocats et des médias, au cours de l’exercice 2025, le CBP a fouillé 55 318 appareils électroniques aux points d’entrée, soit environ 17,6 % de plus que les 47 047 de l’exercice 2024. Toutefois, par rapport à plus de 419 millions d’entrées de voyageurs, la proportion d’appareils fouillés reste d’environ un sur dix mille, dont environ les trois quarts concernent des personnes qui ne sont pas citoyennes américaines.
- Entrée en vigueur de la nouvelle directive : la CBP Directive 3340-049B est entrée en vigueur le 1er janvier 2026 et a remplacé la directive 049A de 2018; elle élargit la définition des appareils et précise les exigences d’approbation des fouilles avancées fondées sur la sécurité nationale ainsi que le délai de suppression de 21 jours.
- Jurisprudence : voir plus haut la décision du deuxième circuit de septembre 2026.
Les politiques d’application de la loi à la frontière ont beaucoup changé ces dernières années; vérifiez de nouveau la situation la plus récente avant de voyager.
Ce que vous pouvez faire sur place
Voici des façons de vous protéger dans le respect de la loi. Vous pouvez les relire avant le voyage et les conserver ailleurs que sur votre téléphone (par exemple sur une copie imprimée).
Préparation légitime avant le voyage
- Choisir les appareils et les documents que vous emportez en voyage relève de votre choix légitime. Beaucoup d’entreprises ont des règles sur l’utilisation d’appareils réservés aux déplacements professionnels; respectez la politique de votre employeur.
- Ayez sur vous des documents qui attestent votre statut et votre itinéraire : passeport, carte verte, permis de retour (le cas échéant), preuve de travail ou d’études aux États-Unis, itinéraire aller-retour.
- Si vous êtes titulaire de la carte verte et revenez après une longue absence, si vous avez un casier judiciaire ou une affaire pendante, ou si vous avez déjà essuyé un refus de visa ou commis une infraction aux règles d’immigration, faites évaluer votre situation par un avocat avant de partir.
- Notez le numéro de téléphone de votre avocat sur papier et gardez-le sur vous, et communiquez vos renseignements de vol à vos proches.
Que faire après coup
- Consignez les faits : rédigez au plus vite le récit des événements et conservez-le avec les copies de tous les documents.
- Demandez votre dossier au CBP : vous pouvez demander vos registres d’entrées et de sorties et d’inspection en vertu de la Freedom of Information Act (FOIA, loi sur l’accès à l’information) au moyen du système en ligne FOIA SecureRelease du CBP; si vous présentez la demande vous-même, vous devez fournir vos nom, adresse et date de naissance ainsi qu’une déclaration signée attestant votre identité; si vous mandatez un avocat, joignez le formulaire G-28. Votre dossier I-94 peut être consulté directement sur le site I-94 du CBP. Pour demander votre dossier d’immigration à l’USCIS, voir G-639.
- Si vous êtes dirigé à répétition vers l’inspection secondaire : vous pouvez présenter une demande au programme de recours des voyageurs du département de la Sécurité intérieure (DHS Traveler Redress Inquiry Program, DHS TRIP). Le DHS TRIP traite notamment les cas de refus ou de retard d’entrée ou de sortie à un point d’entrée, ainsi que les cas de renvoi répété vers l’inspection secondaire. Après le dépôt, vous recevrez un numéro de contrôle de recours (Redress Control Number), que vous pourrez inscrire lors de vos réservations futures. Le DHS TRIP ne garantit aucun résultat, et les documents supplémentaires demandés doivent être fournis dans le délai prescrit.
- Plaintes et signalements : vous pouvez signaler un problème au CBP INFO Center (help.cbp.gov); certains grands aéroports internationaux disposent d’un gestionnaire du service professionnel du CBP (Professionalism Service Manager).
- Appareil retenu : faites le suivi auprès de la personne-ressource indiquée sur le reçu 6051D; si l’appareil est saisi, contestez la saisie selon la procédure indiquée dans l’avis.
- Si vous avez reçu un NTA, retiré votre demande d’admission ou fait l’objet d’un renvoi accéléré : communiquez au plus vite avec un avocat pour évaluer la façon de vous préparer à l’audience et les possibilités de demander de nouveau un visa ou une dispense à l’avenir.
Erreurs fréquentes
- « Si l’on m’emmène dans la petite salle, c’est que je vais être renvoyé. » La plupart des inspections secondaires ne servent qu’à vérifier des renseignements et se terminent par l’admission.
- « Un petit mensonge me permettra de sortir plus vite. » Une fausse déclaration importante à un agent frontalier peut entraîner une interdiction de territoire permanente (article 212(a)(6)(C)(i) de l’INA); le fait de se prétendre faussement citoyen américain entraîne des conséquences graves particulières et peut aussi engager la responsabilité pénale fédérale (18 U.S.C. 1001).
- « L’agent m’a dit que si je ne signais pas l’I-407, je ne pourrais pas entrer, alors j’ai signé. » Le titulaire de la carte verte a le droit de refuser et de demander que la question soit tranchée par un juge de l’immigration.
- « J’ai le droit de faire venir mon avocat. » Pendant l’inspection à l’entrée, ce droit n’existe généralement pas, mais vous pouvez communiquer avec un avocat immédiatement après.
- « Il suffit de supprimer mes conversations. » Supprimer ou cacher des données pendant la fouille peut être considéré comme une entrave à l’application de la loi, avec des conséquences potentiellement plus graves.
- « Avec un visa valide, je suis sûr d’entrer. » Le visa ne garantit pas l’entrée : la décision d’admission est prise par le CBP au point d’entrée.
Ce que nous pouvons faire
- Évaluer avant le voyage les risques liés à votre statut (longue absence, demandes en instance, antécédents) et vous indiquer les documents à préparer;
- Après une interception à l’entrée, examiner les documents reçus (I-275, NTA, 6051D, etc.) et vous expliquer les options pour la suite;
- Vous représenter devant le tribunal de l’immigration et traiter les litiges sur le statut, comme la question de l’abandon de la carte verte;
- Demander en votre nom vos dossiers au CBP et à l’USCIS, et vous aider à présenter une demande au DHS TRIP;
- Après un refus d’entrée ou un renvoi, évaluer les possibilités de demander de nouveau un visa ou une dispense à l’avenir.
Questions fréquentes
Si l’on m’a dirigé vers l’inspection secondaire, cela signifie-t-il que je suis sur une liste noire?
Pas nécessairement. Parmi les motifs indiqués par le CBP figurent les problèmes de documents, un nom semblable à celui d’une personne figurant dans une base de données, un contrôle aléatoire, etc. Ce n’est que si vous êtes dirigé à répétition vers l’inspection secondaire qu’il vaut la peine d’envisager une demande au DHS TRIP.
L’agent me demande de déverrouiller mon téléphone. Puis-je refuser?
Vous pouvez choisir de ne pas le faire, mais les conséquences varient selon votre statut : le citoyen américain ne se verra pas refuser l’entrée pour ce motif, mais son appareil peut être retenu; le titulaire de la carte verte devrait généralement être admis, mais son appareil peut être retenu; le visiteur peut se voir refuser l’entrée pour ce motif. Quel que soit votre choix, ne donnez pas un faux mot de passe et ne prétendez pas l’avoir oublié.
Le CBP peut-il consulter mes photos et mes courriels dans le nuage?
Selon la directive en vigueur du CBP, l’agent n’examine que le contenu stocké dans l’appareil lui-même, ne doit pas utiliser délibérément l’appareil pour accéder à des renseignements stockés uniquement dans le nuage, et vous demandera de désactiver la connexion réseau. Le contenu déjà téléchargé ou mis en cache dans l’appareil fait partie du contenu de l’appareil et peut être examiné.
Je suis titulaire de la carte verte et j’ai passé plus d’un an à l’étranger. Va-t-on me retirer ma carte verte à l’entrée?
Après une absence de plus d’un an sans permis de retour, la carte verte ne peut généralement plus servir de document d’entrée; le CBP examinera très probablement si vous avez abandonné votre statut, pourra vous demander de signer l’I-407, ou pourra délivrer un NTA pour que la question soit tranchée par un juge de l’immigration. Vous n’êtes pas tenu de signer l’I-407 sur place. Avant de voyager, consultez Permis de retour et advance parole et un avocat.
Un visiteur autorisé à « retirer sa demande d’admission » peut-il revenir aux États-Unis plus tard?
Le retrait n’est pas une mesure de renvoi et n’entraîne généralement pas la période d’interdiction d’entrée qui suit un renvoi, mais il reste inscrit au dossier. Lors de futures demandes de visa ou entrées, vous devrez le déclarer avec franchise et régler la cause pour laquelle vous aviez été jugé interdit de territoire. La possibilité d’utiliser encore votre visa dépend des circonstances; consultez un avocat.
Mon téléphone contient des courriels échangés avec mon avocat. Puis-je empêcher l’agent de les lire?
Vous pouvez invoquer le secret professionnel de l’avocat et préciser de quels documents il s’agit et quel avocat est concerné. L’agent doit alors déclencher la procédure de traitement particulière prévue par la directive (consultation du conseiller juridique du CBP, isolement et traitement par une équipe spécialisée), mais invoquer le secret professionnel n’empêche pas la fouille elle-même.
Mon appareil a été retenu. Quand pourrai-je le récupérer?
Selon la directive, la rétention ne devrait généralement pas dépasser 5 jours et peut être prolongée avec approbation. Avant de quitter le point d’entrée, obtenez absolument le reçu Form 6051D et faites le suivi auprès de la personne-ressource qui y est indiquée.
Sources officielles
- CBP : Border Search of Electronic Devices (avec statistiques annuelles)
- CBP Directive 3340-049B : Border Search of Electronic Devices (janvier 2026)
- CBP : feuillet d’information sur la fouille des appareils électroniques (Tear Sheet)
- CBP : Pledge to Travelers
- 8 CFR 292.5 : droit à la représentation (exception pendant l’inspection)
- 8 CFR Part 235 : inspection, inspection différée (235.2), renvoi accéléré (235.3), retrait de la demande d’admission (235.4)
- CBP : demandes de dossiers en vertu de la FOIA
- DHS TRIP : programme de recours des voyageurs
- USCIS : I-407
Lectures connexes
- Longues absences des titulaires de la carte verte : les risques à 6 mois et à 1 an
- Permis de retour et advance parole
- ESTA, EVUS et entrée des visiteurs
- I-407 : constat d’abandon du statut de résident permanent
- Renvoi accéléré et entrevue de crainte crédible
Vous avez été intercepté à l’entrée, on vous a demandé de signer l’I-407, vous avez retiré votre demande d’admission ou reçu un avis de comparution, ou votre appareil a été retenu? Prendre rendez-vous pour une évaluation, ou appelez le (312) 519-1115. Me David Wang communique en français, en anglais et en chinois; le bureau est situé au centre-ville de Chicago, au 203 N. LaSalle St., Suite 2100.
Cette page est informative et ne constitue pas un avis juridique. Les règles d’inspection frontalière et de statut sont appliquées par le CBP, l’USCIS et le Département d’État et peuvent changer à tout moment; l’issue dépend des faits propres à chaque dossier. Consultez un avocat avant de voyager et fiez-vous aux sites officiels.