Les conséquences des antécédents criminels en immigrationImmigration Consequences of Criminal Arrests and Convictions
Aux États-Unis, le droit de l'immigration et le droit criminel sont deux systèmes distincts. Le tribunal criminel décide de la peine; le droit de l'immigration détermine si ces antécédents entraîneront pour la personne un renvoi, l'impossibilité d'entrer ou de changer de statut, la perte de l'admissibilité à un recours, le non-respect de l'exigence de bonnes mœurs pour la naturalisation, ou une détention obligatoire pendant la procédure d'immigration. Une même infraction peut n'être qu'une infraction mineure en droit criminel mais avoir des conséquences graves en droit de l'immigration; à l'inverse, une infraction d'apparence grave peut, en raison de la structure de la disposition, ne pas entrer dans une catégorie d'immigration donnée.
Cette page présente les principales catégories d'infractions et les méthodes d'analyse, pour vous aider à comprendre pourquoi chaque option de plaidoyer doit d'abord faire l'objet d'une évaluation en immigration. Notre cabinet se consacre principalement aux services juridiques en immigration et n'offre pas de services de défense criminelle; notre rôle est de collaborer avec votre avocat de la défense pour évaluer les conséquences en immigration des diverses options de plaidoyer.
Deux ensembles de règles : l'« expulsabilité » et l'« interdiction de territoire »
- Expulsabilité (deportability, INA 237(a)(2)) : s'applique aux personnes qui ont été légalement « admises » (admitted), comme les titulaires de la carte verte ou les personnes entrées avec un visa valide. Le DHS doit prouver que la personne est expulsable.
- Interdiction de territoire (inadmissibility, INA 212(a)(2)) : s'applique aux personnes qui demandent l'entrée, un visa ou un changement de statut (demande de carte verte), ainsi qu'aux personnes entrées sans avoir été admises. Certaines catégories n'exigent pas de condamnation : il suffit que la personne reconnaisse les faits constituant les éléments essentiels de l'infraction, ou qu'il existe des « motifs de croire » qu'elle participe au trafic de drogue.
Les deux ensembles de règles n'ont pas la même portée. Par exemple, les crimes de violence conjugale et les infractions liées aux armes à feu sont des motifs d'expulsion, mais ne constituent pas en soi des motifs d'interdiction de territoire; à l'inverse, le fait de « reconnaître » une infraction liée aux drogues peut entraîner une interdiction de territoire, mais pas nécessairement l'expulsabilité. Le titulaire de la carte verte qui revient de l'étranger aux États-Unis avec certains antécédents criminels peut aussi être traité comme un « demandeur d'admission » et se voir appliquer les règles d'interdiction de territoire (INA 101(a)(13)(C)).
Les principales catégories d'infractions en un tableau
| Catégorie | Expulsabilité (INA 237) | Interdiction de territoire (INA 212) | Principales conséquences |
|---|---|---|---|
| Infraction grave qualifiée (aggravated felony) | 237(a)(2)(A)(iii) : condamnation à tout moment après l'admission | Aucune catégorie du même nom, mais les faits relèvent souvent d'autres catégories | Exclut presque tous les principaux recours; retour après un renvoi strictement limité |
| Crime impliquant la turpitude morale (CIMT) | 237(a)(2)(A)(i), (ii) | 212(a)(2)(A)(i)(I) | Exceptions comme l'« exception pour infraction mineure », à calculer point par point |
| Substances contrôlées | 237(a)(2)(B) | 212(a)(2)(A)(i)(II), 212(a)(2)(C) | Possibilités de dispense extrêmement limitées |
| Violence conjugale, harcèlement criminel, maltraitance d'enfants, violation d'une ordonnance de protection | 237(a)(2)(E) | Pas en soi un motif d'interdiction de territoire | La violation d'une ordonnance de protection peut être constatée par un tribunal civil ou criminel |
| Infractions liées aux armes à feu | 237(a)(2)(C) | Pas en soi un motif d'interdiction de territoire | Chevauchent souvent d'autres catégories |
| Plusieurs condamnations dont les peines cumulées atteignent 5 ans ou plus | — | 212(a)(2)(B) | Quelle que soit l'infraction |
Infractions graves qualifiées (INA 101(a)(43))
L'« infraction grave qualifiée » (aggravated felony) est une notion définie par le droit de l'immigration lui-même; elle ne correspond pas au crime grave (felony) du droit de l'État, et certaines infractions mineures (misdemeanor) du droit de l'État peuvent aussi en constituer une. L'INA 101(a)(43) énumère plus d'une vingtaine de sous-catégories, dont les plus courantes sont :
- le meurtre, le viol, les abus sexuels sur un mineur;
- le trafic illicite de substances contrôlées (y compris certaines infractions liées aux drogues);
- le trafic illicite d'armes à feu ou d'explosifs;
- le blanchiment d'argent portant sur plus de 10 000 $;
- un « crime de violence » (crime of violence) passible d'une peine d'emprisonnement d'au moins 1 an prononcée;
- le vol (y compris le recel) ou l'introduction par effraction assortis d'une peine d'emprisonnement d'au moins 1 an prononcée;
- la fraude ou l'escroquerie causant à la victime une perte de plus de 10 000 $, ainsi que l'évasion fiscale causant au gouvernement une perte de plus de 10 000 $;
- l'entrave à la justice, le parjure, etc., assortis d'une peine d'emprisonnement d'au moins 1 an prononcée.
Attention : « une peine d'au moins 1 an » s'entend de la peine prononcée, y compris la partie assortie d'un sursis (INA 101(a)(48)(B)), et non de la durée réellement purgée. Un vol puni d'une peine de 1 an entièrement assortie d'un sursis peut tout de même constituer une infraction grave qualifiée en droit de l'immigration.
Les conséquences d'une infraction grave qualifiée sont très graves : le titulaire de la carte verte peut être renvoyé; les principaux recours, comme l'annulation du renvoi, l'asile et le départ volontaire, sont exclus; la personne qui n'a jamais obtenu de carte verte aux États-Unis peut être soumise à une procédure de renvoi administrative qui ne passe pas par le tribunal de l'immigration (INA 238(b)); le retour après un renvoi est strictement limité; une condamnation pour infraction grave qualifiée postérieure au 29 novembre 1990 empêche de façon permanente de démontrer les bonnes mœurs exigées pour la naturalisation (INA 101(f)(8)).
Crimes impliquant la turpitude morale (CIMT)
Il n'existe pas de liste légale des « crimes impliquant la turpitude morale » (crime involving moral turpitude, CIMT); la notion est issue de la jurisprudence. Il s'agit en général d'infractions intrinsèquement viles, contraires aux normes morales communément admises et comportant un certain état d'esprit coupable (comme l'intention, la connaissance ou, dans certains cas, l'insouciance). Les exemples courants comprennent les infractions dont la fraude est un élément constitutif, le vol commis dans l'intention de priver le propriétaire de son bien de façon permanente et certaines voies de fait; la simple conduite imprudente ou la conduite sans permis ordinaire n'en font généralement pas partie.
Expulsabilité (INA 237(a)(2)(A)) :
- un CIMT commis dans les 5 ans suivant l'admission, pour lequel une peine d'emprisonnement de 1 an ou plus peut être prononcée (selon la peine maximale prévue par la loi, et non la peine réellement prononcée);
- à tout moment après l'admission, des condamnations pour deux CIMT ou plus ne découlant pas d'un même projet criminel.
Interdiction de territoire (INA 212(a)(2)(A)) : une condamnation pour un CIMT, ou la reconnaissance d'un CIMT, suffit. Il existe toutefois deux exceptions :
- Exception pour infraction mineure (petty offense exception) : un seul CIMT a été commis, la peine maximale prévue par la loi pour cette infraction ne dépasse pas 1 an, et la peine d'emprisonnement réellement prononcée ne dépasse pas 6 mois;
- Exception pour les mineurs : une seule infraction a été commise, la personne avait moins de 18 ans au moment des faits, et l'infraction (ainsi que la libération après la détention qui en a résulté) remonte à plus de 5 ans avant la demande de visa ou d'admission.
Substances contrôlées
- Expulsabilité (237(a)(2)(B)) : toute personne condamnée après son admission pour avoir enfreint une loi ou un règlement relatif à une substance contrôlée au sens du droit fédéral est expulsable; la seule exception prévue par la loi est une possession unique pour usage personnel de 30 grammes ou moins de marijuana. La personne reconnue toxicomane ou consommatrice abusive de drogues est aussi expulsable.
- Interdiction de territoire (212(a)(2)(A)(i)(II), 212(a)(2)(C)) : une condamnation pour une infraction liée à une substance contrôlée, ou la reconnaissance d'une telle infraction, suffit à entraîner l'interdiction de territoire; s'il existe des « motifs de croire » que la personne participe au trafic, elle est interdite de territoire même sans condamnation. La dispense (INA 212(h)) n'est possible que pour une possession unique de 30 grammes ou moins de marijuana.
- La légalisation par un État n'est pas une légalisation fédérale : l'Illinois et d'autres États permettent aux adultes de consommer de la marijuana, mais celle-ci demeure une substance contrôlée en droit fédéral. Reconnaître sa consommation devant un agent d'immigration, ou travailler dans l'industrie de la marijuana, peut créer des problèmes d'immigration.
- S'agit-il d'une « substance contrôlée fédérale »? : la liste des drogues d'un État peut être plus large que la liste fédérale. Dans l'arrêt Mellouli v. Lynch (2015), la Cour suprême fédérale a jugé que le gouvernement doit rattacher la condamnation à une substance contrôlée au sens du droit fédéral. C'est précisément dans ce type de comparaison qu'intervient l'« approche catégorielle » présentée plus bas.
Violence conjugale, harcèlement criminel, maltraitance d'enfants et violation d'une ordonnance de protection
L'INA 237(a)(2)(E) prévoit que la personne condamnée après son admission pour un crime de violence conjugale, de harcèlement criminel (stalking) ou de maltraitance, de négligence ou d'abandon d'enfant est expulsable. Le « crime de violence conjugale » doit être un « crime de violence » commis contre une personne liée par une relation familiale déterminée. En outre, la personne dont un tribunal (y compris un tribunal civil) constate qu'elle a violé la partie d'une ordonnance de protection interdisant les menaces de violence, le harcèlement répété ou les lésions corporelles est aussi expulsable, sans qu'une condamnation criminelle soit nécessairement requise.
Infractions liées aux armes à feu
L'INA 237(a)(2)(C) prévoit que la personne condamnée après son admission pour avoir illégalement acheté, vendu, possédé ou porté une arme à feu ou certains engins destructeurs, entre autres, est expulsable.
Autres situations à surveiller
- Asile et suspension du renvoi : une condamnation pour un « crime particulièrement grave » (particularly serious crime) exclut l'asile et la suspension du renvoi. La BIA a publié en 2025–2026 plusieurs précédents qui appliquent dans l'ensemble une interprétation stricte de cette notion, par exemple en jugeant qu'il n'existe aucune règle « présumant qu'une infraction mineure unique n'est pas un crime particulièrement grave », et en qualifiant de crimes particulièrement graves certaines condamnations pour distribution de drogues ou fraude dans le domaine de la santé.
- Naturalisation : l'INA 101(f) énumère les situations dans lesquelles les bonnes mœurs ne peuvent être reconnues; même en dehors de ces situations légales, les antécédents criminels sont pris en compte de façon globale lors de l'examen de la naturalisation. Voir le guide de la demande de naturalisation (N-400).
- Demandes de visa : les demandes de visa de non-immigrant comme d'immigrant posent des questions sur les arrestations et les condamnations, et il faut y répondre de façon véridique.
La « condamnation » en droit de l'immigration : INA 101(a)(48)(A)
La « condamnation » (conviction) a sa propre définition en droit de l'immigration, qui ne suit pas entièrement le droit de l'État :
- un jugement formel de culpabilité rendu par le tribunal; ou
- même si le tribunal a suspendu le prononcé du jugement de culpabilité (adjudication withheld), il y a condamnation dès lors que les deux conditions suivantes sont réunies : (i) un juge ou un jury a déclaré la personne coupable, ou celle-ci a plaidé coupable ou a présenté un plaidoyer de non-contestation (nolo contendere), ou a reconnu des faits suffisants pour justifier une déclaration de culpabilité; et (ii) le juge a ordonné une forme de punition, de sanction ou de restriction de la liberté (par exemple une amende, des travaux communautaires, une probation ou des cours).
Cela signifie que bien des jugements suspendus et des programmes de déjudiciarisation après plaidoyer (diversion) qui, en droit de l'État, « ne comptent pas comme une condamnation » ou sont « annulés une fois terminés » peuvent tout de même constituer une condamnation en droit de l'immigration, dès lors qu'ils comportent un plaidoyer de culpabilité ou une reconnaissance des faits, assortis d'une forme de sanction. À l'inverse, une déjudiciarisation avant procès qui n'exige ni plaidoyer de culpabilité ni reconnaissance des faits peut ne pas constituer une condamnation. Pour savoir si un programme donné de votre État constitue une condamnation, il faut examiner ses exigences précises et le dossier du tribunal; ne vous fiez pas simplement à l'affirmation qu'il n'y aura « pas de casier ».
Par ailleurs, la « peine prononcée » comprend la partie assortie d'un sursis (INA 101(a)(48)(B)). Une décision de délinquance juvénile (juvenile delinquency) rendue par un tribunal pour mineurs n'est généralement pas considérée comme une condamnation en droit de l'immigration (Matter of Devison, 22 I&N Dec. 1362 (BIA 2000)); il en va autrement du mineur condamné par un tribunal pour adultes.
L'approche catégorielle (categorical approach)
Pour déterminer si une condamnation en vertu du droit d'un État relève d'une catégorie d'immigration (infraction grave qualifiée, CIMT, infraction liée à une substance contrôlée, etc.), les tribunaux et les juges de l'immigration n'examinent généralement pas ce que la personne a « réellement fait »; ils appliquent plutôt l'approche catégorielle : ils comparent les éléments constitutifs de la disposition pénale à la définition générique de la catégorie d'immigration. En résumé :
- Examiner la conduite minimale : on suppose que la personne n'a commis que la conduite la moins grave que la disposition puisse viser; cette conduite relèverait-elle quand même de la catégorie d'immigration? Si la disposition a une portée plus large que la catégorie d'immigration, il n'y a en principe pas de correspondance (Moncrieffe v. Holder, 2013).
- Dispositions divisibles et approche catégorielle modifiée : si une disposition énumère plusieurs « éléments constitutifs » de rechange (en réalité plusieurs infractions), elle est « divisible » (divisible), et l'on peut alors consulter un ensemble limité de pièces du dossier de condamnation (acte d'accusation, entente sur le plaidoyer, transcription du plaidoyer, jugement) pour déterminer l'infraction dont la personne a été déclarée coupable. Dans l'arrêt Mathis v. United States (2016), la Cour suprême fédérale a distingué les « éléments constitutifs » de la simple énumération des « moyens » de commettre l'infraction : ces derniers ne permettent pas de consulter le dossier de condamnation.
- Approche fondée sur les circonstances de l'espèce : pour certaines conditions chiffrées des catégories d'immigration (comme une perte de plus de 10 000 $ causée par une fraude), on examine les faits précis de l'affaire (Nijhawan v. Holder, 2009).
C'est précisément là que se trouve la marge de manœuvre dans la conception d'un plaidoyer : dans les limites de ce que l'avocat de la défense peut négocier, le choix d'une disposition, d'un alinéa précis d'une disposition divisible, d'une durée de peine, ou la formulation des faits dans le dossier de condamnation, peut déterminer s'il y aura ou non des conséquences en immigration. Cette analyse est très technique et la jurisprudence varie d'un circuit fédéral à l'autre; elle doit être menée point par point par un avocat en immigration.
Arrêts importants
Padilla v. Kentucky (2010) : l'avocat de la défense doit informer des conséquences en immigration
Dans l'arrêt Padilla v. Kentucky, 559 U.S. 356 (2010), la Cour suprême fédérale a jugé que l'assistance effective d'un avocat garantie par le sixième amendement de la Constitution exige que l'avocat de la défense informe son client non citoyen du risque d'expulsion lié à un plaidoyer de culpabilité : lorsque les conséquences en immigration sont claires et nettes, il doit donner un avis exact; lorsqu'elles ne sont pas claires, il doit au moins l'informer que l'accusation peut entraîner des conséquences défavorables en immigration. Par la suite, dans l'arrêt Chaidez v. United States (2013), la Cour a jugé que la règle de Padilla ne s'applique pas rétroactivement aux condamnations devenues définitives avant cet arrêt (31 mars 2010).
Concrètement, pour vous : informez absolument votre avocat de la défense de votre statut d'immigration (y compris la catégorie de visa, la carte verte et toute demande en cours), afin que votre avocat de la défense et votre avocat en immigration puissent évaluer la situation avant le plaidoyer. Si votre avocat de l'époque ne vous a pas informé, Padilla peut constituer l'un des fondements d'une demande d'annulation de la condamnation, mais le succès dépend de la procédure et des délais prévus par le droit de l'État.
Pereida v. Wilkinson (2021) : le fardeau de la preuve lors d'une demande de recours
Dans l'arrêt Pereida v. Wilkinson, 592 U.S. 224 (2021), la Cour suprême fédérale a jugé, à 5 contre 3, que la personne qui demande un recours comme l'annulation du renvoi doit prouver qu'elle n'a pas de condamnation qui la rendrait inadmissible à ce recours; si le dossier de condamnation est ambigu et ne permet pas de déterminer en vertu de quel alinéa de la disposition la personne a été condamnée, c'est le demandeur qui en subit les conséquences défavorables. Cette situation diffère de celle où le DHS doit prouver l'expulsabilité, le fardeau reposant alors sur le gouvernement. Par conséquent, la clarté du dossier du tribunal au moment du plaidoyer peut avoir une incidence directe sur la possibilité de demander un recours bien des années plus tard.
La Laken Riley Act : une simple accusation peut entraîner une détention obligatoire
La Laken Riley Act (Pub. L. 119-1), promulguée le 29 janvier 2025, a ajouté un alinéa (E) à l'INA 236(c)(1), qui prévoit la détention obligatoire, pendant la procédure d'immigration, des personnes suivantes :
- les personnes interdites de territoire en vertu de l'INA 212(a)(6)(A) (présence sans admission ni libération conditionnelle), 212(a)(6)(C) (fraude ou fausse déclaration) ou 212(a)(7) (absence de documents d'entrée valides); et
- qui sont accusées, arrêtées ou condamnées pour introduction par effraction, vol, larcin (larceny), vol à l'étalage (shoplifting) ou voies de fait contre un agent de la paix, ou pour tout crime ayant causé la mort ou des lésions corporelles graves à autrui, ou qui reconnaissent avoir commis des actes constituant les éléments essentiels d'une telle infraction.
Cette disposition n'exige pas de condamnation : une arrestation ou une accusation peut suffire à la déclencher, et le juge de l'immigration n'a généralement pas le pouvoir d'accorder une mise en liberté sous caution (bond) à une personne soumise à la détention obligatoire. Son application à une personne donnée (par exemple, le titulaire de la carte verte légalement admis ne relève généralement pas des catégories d'interdiction de territoire ci-dessus), ainsi que la pratique de la détention obligatoire fondée sur une simple arrestation ou accusation, sont contestées en pratique et toujours en évolution en date d'octobre 2026; il faut s'en remettre aux règles et à la jurisprudence les plus récentes. Pour une personne qui n'a aucune admission légale aux États-Unis, même une seule arrestation pour vol à l'étalage peut avoir des conséquences graves; consultez sans tarder. Pour les règles générales sur la détention et la mise en liberté sous caution, voir Détention et mise en liberté sous caution.
Recours postérieurs à la condamnation : effet de l'annulation d'une condamnation en droit de l'immigration
Les « annulations » et « effacements de dossier » n'éliminent pas tous les conséquences en immigration. Les précédents de la BIA et du procureur général ont établi les règles suivantes :
- Matter of Pickering, 23 I&N Dec. 621 (BIA 2003) : une condamnation annulée ne perd son effet en droit de l'immigration que si l'annulation repose sur un vice de procédure ou de fond de la procédure criminelle initiale (par exemple une violation de la Constitution, ou un plaidoyer invalide parce que l'avocat n'a pas informé des conséquences en immigration comme l'exige Padilla); si l'annulation vise seulement à éviter des conséquences en immigration ou repose sur la réhabilitation, la condamnation subsiste en droit de l'immigration.
- Matter of Thomas & Thompson, 27 I&N Dec. 674 (A.G. 2019) : le procureur général a appliqué la même norme aux modifications de peine. Par exemple, ramener une peine de 365 jours à 364 jours n'est reconnu que si la modification repose sur un vice de procédure ou de fond de la procédure initiale; une modification visant à éviter des conséquences en immigration n'est pas reconnue.
- Les mesures de réhabilitation prévues par le droit de l'État, comme l'effacement du casier (expungement) ou la mise sous scellés du dossier, n'éliminent généralement pas la condamnation en droit de l'immigration.
- Dans Matter of Boye, 29 I&N Dec. 826 (BIA 2026), la BIA a jugé qu'une ordonnance rendue par un autre juge après le début de la procédure d'immigration, qui prétend « clarifier » la peine initiale, est sans effet en droit de l'immigration.
En Illinois, la loi exige que le tribunal, avant d'accepter un plaidoyer de culpabilité ou de non-contestation, avise l'accusé en audience que, s'il n'est pas citoyen américain, la condamnation peut entraîner son expulsion, un refus d'admission ou un refus de naturalisation (725 ILCS 5/113-8). Le droit de l'État prévoit aussi plusieurs procédures postérieures à la condamnation, mais chacune comporte des conditions d'application et des délais stricts et est soumise à des limites, par exemple selon que la personne purge encore sa peine ou non. La possibilité d'annuler une condamnation donnée, et les motifs invoqués, doivent être évalués par un avocat de la défense selon le droit de l'État; la reconnaissance de ces motifs en droit de l'immigration doit être évaluée par un avocat en immigration, et les deux doivent travailler de concert.
Collaborer avec votre avocat de la défense
Les conséquences en immigration se règlent le mieux avant le plaidoyer; la marge de correction après coup est beaucoup plus étroite. Notre façon de faire consiste à communiquer et à collaborer avec votre avocat de la défense :
- Connaître l'ensemble de votre situation d'immigration : mode d'entrée, statut actuel, demandes en cours, arrestations et condamnations antérieures (y compris à l'étranger), projets futurs (par exemple demande de carte verte, naturalisation, voyages à l'étranger).
- Analyser les accusations et les options de plaidoyer possibles : déterminer, point par point, dans quelle catégorie d'immigration chaque infraction, alinéa et peine possibles se situeraient, et quels recours seraient touchés.
- Remettre un avis écrit à l'avocat de la défense : par exemple, quelles options présentent un risque moindre en immigration, quels faits éviter dans le dossier de condamnation, et s'il faut maintenir la peine sous un certain seuil. La décision finale sur le plaidoyer vous appartient, à vous et à votre avocat de la défense.
- Planifier la suite : nécessité éventuelle d'une dispense après la condamnation (par exemple l'I-601), possibilité de demander l'annulation du renvoi (EOIR-42A, EOIR-42B), et moment opportun pour les voyages à l'étranger et la naturalisation.
Notre cabinet n'offre pas de services de défense criminelle et ne comparaît pas devant les tribunaux criminels.
Idées reçues
- « Ce n'est qu'une infraction mineure, ce n'est pas grave » : le droit de l'immigration examine les éléments constitutifs de l'infraction, la peine maximale prévue par la loi et la peine prononcée; une infraction mineure du droit de l'État peut aussi constituer une infraction grave qualifiée ou un CIMT.
- « La probation ou le jugement suspendu ne comptent pas comme une condamnation » : dès qu'il y a plaidoyer de culpabilité ou reconnaissance des faits, assortis de n'importe quelle forme de sanction, il peut y avoir condamnation en droit de l'immigration.
- « L'accusation a été retirée, donc tout va bien » : l'absence de condamnation est généralement bien préférable, mais l'arrestation doit tout de même être déclarée de façon véridique dans la plupart des demandes d'immigration, peut influer sur le pouvoir discrétionnaire et la mise en liberté sous caution, et peut même, en vertu de la Laken Riley Act, déclencher une détention obligatoire.
- « Je ferai effacer mon casier plus tard » : l'effacement du casier n'élimine généralement pas les conséquences en immigration; l'annulation d'une condamnation doit reposer sur un vice de la procédure initiale.
- « J'ai la carte verte, donc je suis en sécurité » : le titulaire de la carte verte peut lui aussi être renvoyé en raison d'une condamnation, et le risque est particulièrement élevé lors d'une sortie du pays suivie d'un retour.
- « Si je n'en parle pas dans le formulaire, personne ne le saura » : les demandes d'immigration sont comparées aux bases de données d'empreintes digitales et des forces de l'ordre; dissimuler des antécédents peut constituer une fausse déclaration, dont les conséquences sont souvent plus graves que les antécédents eux-mêmes.
Ce que nous pouvons faire
- Examiner l'ensemble de vos dossiers d'arrestation et de condamnation (extraits certifiés des décisions, actes d'accusation, jugements, transcriptions des plaidoyers) et déterminer les conséquences en immigration de chacun;
- Collaborer avec votre avocat de la défense pour évaluer les conséquences en immigration des diverses options de plaidoyer et lui remettre un avis écrit;
- En cas de condamnation déjà prononcée, évaluer la faisabilité de recours comme une dispense ou l'annulation du renvoi, et déterminer si l'annulation de la condamnation serait reconnue en droit de l'immigration;
- Représenter devant le tribunal de l'immigration les personnes déclarées expulsables en raison de leurs antécédents criminels, y compris pour les questions de détention et de mise en liberté sous caution;
- Évaluer le moment opportun et les risques des voyages à l'étranger et des demandes de changement de statut, de naturalisation, etc.
Nous ne promettons aucun résultat. Les conséquences en immigration des antécédents criminels dépendent étroitement de la disposition précise, du dossier du tribunal et de la jurisprudence du circuit fédéral concerné.
Questions fréquentes
J'ai la carte verte et, il y a quelques années, j'ai été condamné à une probation pour vol à l'étalage. Vais-je être renvoyé?
Cela dépend de plusieurs facteurs : les éléments constitutifs de l'infraction selon la loi de votre État (s'agit-il d'un CIMT?), la peine maximale prévue par la loi, la peine prononcée (y compris si la probation comportait une peine d'emprisonnement prononcée), le nombre d'années écoulées depuis l'admission au moment des faits, et l'existence d'autres condamnations. Un vol puni d'une peine de 1 an ou plus peut aussi constituer une infraction grave qualifiée. Il faut analyser le dossier du tribunal point par point, surtout avant de voyager à l'étranger ou de demander la naturalisation.
La conduite avec facultés affaiblies (DUI) a-t-elle des conséquences en immigration?
Une seule conduite avec facultés affaiblies simple ne constitue généralement ni une infraction grave qualifiée ni un CIMT, mais tout dépend de la loi de l'État et des circonstances (par exemple, conduire en sachant que son permis est révoqué, ou causer des blessures). Des antécédents de conduite avec facultés affaiblies peuvent peser lourd dans les décisions de mise en liberté sous caution, les recours discrétionnaires, les entrevues de visa et l'examen des bonnes mœurs pour la naturalisation; plusieurs infractions de ce type ont des conséquences plus importantes.
Mon dossier a été rejeté (dismissed). Dois-je encore le déclarer dans ma demande de carte verte?
Oui. La grande majorité des demandes d'immigration demandent si vous avez « déjà été arrêté ou accusé », et pas seulement condamné. Déclarez-le de façon véridique et joignez la décision du tribunal prouvant que l'accusation a été rejetée. La dissimulation est plus risquée que les antécédents eux-mêmes.
Mon avocat de la défense dit qu'après mon plaidoyer, l'accusation sera « retirée une fois le cours terminé ». Dois-je accepter?
Faites d'abord examiner les conditions précises par un avocat en immigration. Si le programme exige d'abord un plaidoyer de culpabilité ou une reconnaissance des faits, puis ajoute des exigences comme des cours ou une amende, il peut déjà y avoir condamnation en droit de l'immigration, même si l'accusation est retirée une fois le programme terminé. L'existence d'une solution de rechange n'exigeant pas de plaidoyer de culpabilité mérite d'être discutée avec votre avocat de la défense.
Personne ne m'a informé des conséquences en immigration lorsque j'ai plaidé coupable. Puis-je faire annuler la condamnation maintenant?
C'est possible, mais il faut passer par les procédures postérieures à la condamnation prévues par le droit de l'État, qui comportent chacune des conditions et des délais stricts que doit évaluer un avocat de la défense. Si l'annulation repose sur un vice de la procédure initiale, comme le défaut de l'avocat d'informer des conséquences en immigration comme l'exige Padilla, elle est généralement reconnue en droit de l'immigration; si elle vise seulement à éviter des conséquences en immigration, elle n'est pas reconnue.
Que se passe-t-il si une personne sans statut est simplement arrêtée?
Elle peut être remise à l'ICE et placée en procédure de renvoi. Si l'infraction figure parmi celles énumérées dans la Laken Riley Act (vol, vol à l'étalage, introduction par effraction, voies de fait contre un policier, etc.), elle peut être soumise à la détention obligatoire même sans condamnation, et le juge de l'immigration ne peut généralement pas accorder de mise en liberté sous caution. Communiquez au plus vite à la fois avec un avocat de la défense et avec un avocat en immigration.
Sources officielles
- 8 U.S.C. 1101 (INA 101, y compris 101(a)(43) infraction grave qualifiée, 101(a)(48) condamnation, 101(f) bonnes mœurs)
- 8 U.S.C. 1182 (INA 212, motifs d'interdiction de territoire)
- 8 U.S.C. 1227 (INA 237, motifs d'expulsion)
- 8 U.S.C. 1226 (INA 236, y compris la détention obligatoire ajoutée par la Laken Riley Act)
- Padilla v. Kentucky (2010), texte de l'arrêt
- Pereida v. Wilkinson (2021), texte de l'arrêt
- EOIR : décisions de principe du procureur général et de la BIA
- Manuel des politiques de l'USCIS : bonnes mœurs aux fins de la naturalisation
À lire aussi
- Détention et mise en liberté sous caution
- Les recours devant le tribunal de l'immigration
- EOIR-42A : annulation du renvoi pour les titulaires de la carte verte
- I-601 : dispense d'interdiction de territoire
- Guide de la demande de naturalisation (N-400)
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Cette page est informative et ne constitue pas un avis juridique. Les procédures et politiques des tribunaux de l’immigration évoluent rapidement, et l’issue d’un dossier dépend de ses faits précis. Si vous avez reçu un avis de comparution ou si un proche est détenu, consultez un avocat sans tarder.