Guide du formulaire I-914 : demande de visa TApplication for T Nonimmigrant Status
Le titre officiel de l'I-914 est Application for T Nonimmigrant Status; on parle couramment de « demande de visa T ». Elle est examinée par le Service de la citoyenneté et de l'immigration des États-Unis (USCIS). Le visa T a été créé par la loi de 2000 sur la protection des victimes de la traite (Trafficking Victims Protection Act, TVPA); son fondement juridique est l'article 101(a)(15)(T) de l'Immigration and Nationality Act (INA). Il protège les victimes d'une forme grave de traite de personnes, notamment les personnes forcées à se livrer au commerce du sexe ou à travailler.
Seules les personnes qui se trouvent aux États-Unis (ou aux Samoa américaines, dans les îles Mariannes du Nord, ou à un point d'entrée) peuvent demander le visa T; il n'est pas possible d'en faire la demande directement auprès d'un consulat. Une fois la demande approuvée, le demandeur principal obtient un statut T d'une durée maximale de 4 ans et l'autorisation de travail, et les membres de sa famille admissibles peuvent obtenir un statut dérivé au moyen du Supplement A; après 3 ans de statut T (ou à la fin de l'enquête ou des poursuites, selon la période la plus courte), il peut demander la carte verte au moyen de l'I-485. Le 30 avril 2024, le Département de la Sécurité intérieure a publié une nouvelle règle finale sur le visa T, en vigueur depuis le 28 août 2024, qui modifie à plusieurs égards l'interprétation des conditions et la procédure d'examen.
Tableau récapitulatif
| Élément | Détails |
|---|---|
| Titre officiel | Form I-914, Application for T Nonimmigrant Status |
| Organisme responsable | USCIS (le statut T relève exclusivement de l'USCIS; pour les membres de la famille à l'étranger, le visa est délivré par une ambassade ou un consulat américain après l'approbation) |
| Qui le dépose | La victime d'une forme grave de traite de personnes elle-même, qui doit se trouver aux États-Unis ou dans un autre lieu prévu par la loi en raison de la traite |
| Principaux suppléments | Supplement A : demande pour un membre de la famille admissible (Application for Family Member of T-1 Recipient); Supplement B : déclaration des autorités concernant la victime (Declaration for Trafficking Victim), élément de preuve facultatif |
| Quand le déposer | La loi ne fixe aucun délai; la demande peut être déposée dès que la personne se trouve aux États-Unis et remplit les conditions |
| Dépôt en ligne possible? | Selon les indications en vigueur sur la page officielle du formulaire de l'USCIS; l'adresse de dépôt est celle des instructions officielles « Where to File » (elle a changé ces dernières années) |
| Formulaires connexes courants | I-192 (dispense d'interdiction de territoire), I-765 (autorisation de travail), G-28; pour la carte verte par la suite, I-485 |
| Page officielle | uscis.gov/i-914 |
Qu'est-ce qu'une « forme grave de traite de personnes »?
La « forme grave de traite de personnes » (severe form of trafficking in persons) au sens de la loi comprend deux catégories :
- Traite à des fins sexuelles : recruter, héberger, transporter, fournir, obtenir, solliciter ou annoncer une personne en vue d'un acte sexuel commercial, par la force, la fraude ou la contrainte; ou lorsque la personne amenée à accomplir un acte sexuel commercial a moins de 18 ans (dans ce cas, il n'est pas nécessaire de prouver la force, la fraude ou la contrainte).
- Traite à des fins de travail : recruter, héberger, transporter, fournir ou obtenir une personne pour du travail ou des services, par la force, la fraude ou la contrainte, en la soumettant à la servitude involontaire, au péonage, à la servitude pour dettes ou à l'esclavage.
À noter : la traite de personnes n'exige pas de passage de frontière. Une personne arrivée légalement avec un visa de travail, dont l'employeur a confisqué les papiers une fois aux États-Unis et qui est forcée de travailler au moyen de dettes et de menaces, peut aussi être victime de traite à des fins de travail. La « contrainte » ne se limite pas non plus à la violence physique : la menace d'un préjudice grave, l'abus ou la menace d'abus de la procédure judiciaire (par exemple la menace de « vous dénoncer pour vous faire renvoyer »), le contrôle par la dette, etc., peuvent tous en constituer. La règle de 2024 a ajouté des définitions, notamment du « préjudice grave » (serious harm) et de « l'abus ou la menace d'abus de la procédure judiciaire ».
La traite de personnes est différente du passage clandestin de migrants (smuggling) : dans ce dernier cas, la personne paie volontairement pour qu'on l'aide à franchir illégalement la frontière, et la transaction se termine généralement après le passage; la traite, elle, repose essentiellement sur l'exploitation et le contrôle de la personne. Si un passage clandestin se transforme en travail forcé ou en prostitution forcée, il peut y avoir traite; une analyse au cas par cas est nécessaire.
Conditions légales
Selon l'INA 101(a)(15)(T)(i), le demandeur principal doit remplir à la fois les conditions suivantes :
- Être ou avoir été victime d'une forme grave de traite de personnes.
- Se trouver aux États-Unis en raison de la traite (y compris aux Samoa américaines et dans les îles Mariannes du Nord) ou à un point d'entrée aux États-Unis. Cela comprend le cas où la personne a été autorisée à entrer pour participer à une enquête ou à une procédure judiciaire en matière de traite. La règle de 2024 précise que le fait de continuer à subir le préjudice causé par une traite passée peut aussi permettre de conclure que la personne se trouve aux États-Unis « en raison de la traite »; des règles particulières s'appliquent à la personne qui a quitté les États-Unis puis y est revenue, et une évaluation au cas par cas est nécessaire.
- Collaboration avec les autorités : répondre aux demandes d'aide raisonnables des autorités dans l'enquête ou les poursuites relatives à la traite. Exceptions :
- la personne avait moins de 18 ans au moment des faits;
- la personne ne peut pas collaborer en raison d'un traumatisme physique ou psychologique causé par la traite (trauma exception), preuves à l'appui.
- Subir, en cas de renvoi, des difficultés extrêmes comportant un préjudice inhabituel et grave (extreme hardship involving unusual and severe harm). Ce critère est plus exigeant que celui des « difficultés extrêmes » applicable aux dispenses ordinaires. Les facteurs pris en compte comprennent notamment l'âge et la situation personnelle, une maladie physique ou mentale grave nécessitant des soins non disponibles dans le pays d'origine, le risque de représailles de la part des trafiquants, et les sanctions ou la discrimination juridiques et sociales que subissent les victimes dans le pays d'origine. La règle de 2024 précise que les difficultés subies par un tiers ne sont prises en compte que si elles entraînent des difficultés pour le demandeur lui-même.
En outre, le demandeur doit être admissible sur le territoire ou obtenir une dispense. Le motif d'interdiction fondé sur la charge publique ne s'applique pas aux demandeurs de visa T, qui bénéficient aussi d'une dispense particulière et large : selon l'INA 212(d)(13), l'USCIS peut lever les motifs liés à la santé lorsque cela sert l'intérêt national; pour la plupart des autres motifs (à l'exception de quelques-uns, comme ceux liés à la sécurité), la dispense est aussi possible si les actes ayant entraîné l'interdiction ont été causés par la traite ou y sont liés (par exemple la prostitution forcée ou une infraction aux lois sur l'immigration commise en raison de la traite). Les motifs d'interdiction sans lien avec la traite peuvent devoir être traités en vertu d'autres dispositions de dispense. Toutes les dispenses se demandent au moyen de l'I-192 et relèvent d'une décision discrétionnaire.
Ne sont généralement pas admissibles : les personnes qui ont elles-mêmes participé à la traite d'autrui (même si elles en ont aussi été victimes; analyse au cas par cas); les personnes dont la traite a pris fin, qui ont quitté les États-Unis depuis longtemps et y sont revenues pour d'autres raisons (la condition de présence « en raison de la traite » doit être analysée au cas par cas); les personnes qui ne vivent qu'un litige salarial ou de mauvaises conditions de travail, sans travail forcé résultant de la force, de la fraude ou de la contrainte.
Supplement B : déclaration des autorités (facultative)
Le Supplement B (Declaration for Trafficking Victim) est signé par un organisme d'application de la loi fédéral, étatique, local ou tribal; il atteste que le demandeur est victime de la traite et qu'il a collaboré à l'enquête. Contrairement au visa U, le visa T n'exige pas de déclaration des autorités. La règle de 2024 le réaffirme : le Supplement B est un élément de preuve facultatif et non une preuve initiale obligatoire, et l'USCIS ne lui accorde pas de valeur probante particulière; le demandeur peut prouver sa victimisation et sa collaboration avec les autorités au moyen de « toute preuve crédible » (any credible evidence).
Cela dit, un Supplement B demeure une preuve solide si vous pouvez l'obtenir. Sans déclaration des autorités, vous pouvez démontrer votre collaboration au moyen des documents suivants : preuve du signalement aux autorités, échanges avec les enquêteurs, témoignage devant un tribunal, et votre propre déclaration détaillée décrivant le signalement et l'aide apportée; si les autorités n'ont jamais communiqué avec vous, il faut aussi le préciser.
L'organisme certificateur peut être avisé ou consulté pendant l'examen de l'USCIS. Si le demandeur refuse par la suite sans motif raisonnable une demande raisonnable des autorités, sa future demande de carte verte pourrait en souffrir.
Supplement A : demande pour les membres de la famille
Le demandeur principal peut déposer un Supplement A pour ses « membres de la famille admissibles »; une fois la demande approuvée, ceux-ci obtiennent un statut dérivé T-2 à T-6. Membres de la famille visés :
| Situation | Membres de la famille pouvant être inclus |
|---|---|
| Demandeur principal de moins de 21 ans | Conjoint, enfants non mariés de moins de 21 ans, parents, frères et sœurs non mariés de moins de 18 ans |
| Demandeur principal de 21 ans ou plus | Conjoint, enfants non mariés de moins de 21 ans |
| Quel que soit l'âge du demandeur principal, lorsque des membres de la famille font face à un danger réel de représailles parce que le demandeur principal a échappé à la traite ou a collaboré avec les autorités | Parents, frères et sœurs non mariés de moins de 18 ans, ainsi que les enfants adultes ou mineurs d'un membre de la famille bénéficiaire du statut dérivé |
- Le Supplement A peut être déposé en même temps que l'I-914, ou après l'approbation du demandeur principal pendant la validité de son statut T.
- L'âge retenu est généralement celui du demandeur principal au dépôt de l'I-914; la réglementation offre une certaine protection, notamment aux enfants qui atteignent 21 ans; les cas particuliers doivent être vérifiés.
- Les membres de la famille qui se trouvent à l'étranger demandent le visa T auprès d'une ambassade ou d'un consulat américain une fois le Supplement A approuvé, puis entrent aux États-Unis; ceux qui se trouvent aux États-Unis déposent un I-765 après l'approbation pour obtenir leur carte de travail.
- Les membres de la famille ne sont pas comptés dans le plafond annuel des visas T.
Principaux changements de la règle finale de 2024 (éléments vérifiés)
Le 30 avril 2024, le Département de la Sécurité intérieure a publié au Federal Register la règle finale sur le visa T (89 FR 34864), en vigueur le 28 août 2024. Selon le texte publié au Federal Register, les principaux changements sont les suivants :
- Examen de bonne foi (BFD) inscrit dans la réglementation : la nouvelle règle prévoit la procédure d'examen de bonne foi au 8 CFR 214.205. Pour les demandes déposées à compter du 28 août 2024, la demande peut être jugée de bonne foi si elle a été dûment déposée et est complète, si elle comprend une déclaration personnelle signée par le demandeur, et si les vérifications préliminaires des antécédents ne révèlent aucun problème de sécurité nationale. Le demandeur dont la demande est jugée de bonne foi et qui a déposé un I-765 peut obtenir une action différée (deferred action) et une autorisation de travail. Si la demande ne franchit pas l'examen préliminaire, l'USCIS procède à un examen complet de l'admissibilité.
- Définitions ajoutées ou modifiées : ajout notamment des définitions de « préjudice grave », d'« abus ou menace d'abus de la procédure judiciaire » et de « frappé d'incapacité ou inapte » (incapacitated or incompetent); la définition des organismes d'application de la loi inclut expressément les organismes tribaux.
- Normes de preuve : maintien du critère de « toute preuve crédible », et précision que la norme applicable est celle de la « prépondérance de la preuve » (preponderance of the evidence).
- Condition de présence aux États-Unis : précision que le fait de continuer à subir le préjudice causé par une traite passée peut aussi constituer une présence aux États-Unis en raison de la traite.
- Définition des membres de la famille : correction du libellé relatif au « danger réel de représailles » pour l'harmoniser avec la loi.
- Voyages et carte verte : le titulaire du statut T doit obtenir un document de retour anticipé (Advance Parole) avant de quitter le pays pour conserver son statut et demeurer admissible à l'ajustement de statut en vertu de l'INA 245(l).
- Collaboration avec les autorités lors de la demande de carte verte : suppression de l'exigence d'une lettre d'attestation du procureur général; le demandeur doit démontrer à l'USCIS qu'il a répondu aux demandes d'aide raisonnables.
- Autres : suppression de l'exigence selon laquelle la déclaration des autorités doit indiquer les résultats des recherches dans les bases de données; réorganisation de la réglementation en une sous-partie distincte de la partie 214 du 8 CFR.
Conseils pour remplir le formulaire
- Renseignements personnels et registres d'entrée : la date et le mode d'entrée, les documents et les noms utilisés doivent concorder avec les dossiers de la CBP. Si, pendant la traite, vous avez été forcé d'entrer avec les papiers d'une autre personne ou de faux documents, dites-le franchement et expliquez dans votre déclaration le lien avec la traite.
- Questions d'admissibilité : répondez point par point sur la victimisation, la raison de votre présence aux États-Unis, la collaboration avec les autorités et les difficultés en cas de renvoi. Si vous invoquez l'exception des moins de 18 ans ou celle du traumatisme, cochez-la clairement et joignez les preuves.
- Questions sur l'interdiction de territoire : répondez avec franchise. Les infractions liées à la traite doivent aussi être déclarées, mais leur lien avec la traite doit être expliqué dans la déclaration et dans l'I-192.
- Renseignements sur la famille : inscrivez les membres de votre famille comme demandé, même si vous ne déposez pas tout de suite de Supplement A pour eux.
- Signature : un formulaire non signé est renvoyé. Utilisez l'édition en vigueur indiquée sur la page officielle de l'USCIS.
Preuves et documents à préparer
- Une déclaration personnelle signée par le demandeur, décrivant en détail le recrutement, le transport, le contrôle et l'exploitation subis, la façon dont il s'en est sorti et ses contacts avec les autorités; ce document est indispensable à l'examen BFD;
- Le Supplement B (si vous pouvez l'obtenir);
- Les preuves du signalement, les échanges avec les autorités, les documents judiciaires;
- Les preuves de tiers : lettres de travailleurs sociaux, de refuges, de médecins ou de psychologues, déclarations de témoins, articles de presse;
- Les preuves de l'exploitation par le travail ou de l'exploitation sexuelle : contrats, relevés de salaire, documents sur les dettes, communications, photos, etc.;
- Les preuves des difficultés extrêmes : évaluations médicales et psychologiques, rapports sur la situation dans le pays d'origine, preuves de menaces de représailles;
- Les pièces d'identité; en cas d'interdiction de territoire, l'I-192 et les documents à l'appui; pour les membres de la famille, le Supplement A et les preuves du lien de parenté.
Les documents en langue étrangère doivent être accompagnés d'une traduction anglaise complète et d'une attestation du traducteur; voir les exigences de traduction des documents d'immigration.
Mode de dépôt et frais
Les frais et les règles d'exonération de l'I-914 et des formulaires connexes diffèrent de ceux des demandes ordinaires et ont aussi changé ces dernières années; le barème officiel fait foi : barème des frais de l'USCIS G-1055; voir aussi Comment vérifier les frais et les délais de traitement. L'adresse de dépôt a changé ces dernières années; suivez impérativement les indications figurant sur la page officielle de l'I-914 au moment du dépôt.
Après le dépôt
- Avis de réception (I-797C); vous pouvez vérifier l'état du dossier en ligne (voir Comment vérifier l'état d'un dossier USCIS). Si le demandeur a moins de 18 ans, l'USCIS en avise le Département de la Santé et des Services sociaux (HHS), comme l'exige la loi.
- Collecte des données biométriques.
- Examen de bonne foi ou examen complet; vous pourriez recevoir une demande de preuves (voir comment répondre à une RFE) ou être convoqué à une entrevue.
- Approbation : le demandeur principal obtient le statut T-1 et l'autorisation de travail; les membres de la famille aux États-Unis demandent leur carte de travail séparément après l'approbation; ceux qui sont à l'étranger demandent leur visa au consulat.
Pour les délais de traitement, consultez l'outil de l'USCIS sur les délais de traitement.
Changements récents : le 8 mai 2026, l'USCIS a publié une alerte de politique (PA-2026-01) qui présente, dans le Policy Manual, l'action différée comme un exercice « exceptionnel » du pouvoir discrétionnaire en matière de poursuites, décidé au cas par cas; ses effets sur l'action différée accordée après l'examen de bonne foi des demandes de visa T restent à voir. La directive d'application de la loi de l'ICE de janvier 2025 visant les demandeurs victimes (Policy 11005.4) fait l'objet d'une action collective devant un tribunal fédéral (Immigration Center for Women and Children v. Noem); le 20 mai 2026, le tribunal a accordé en partie une injonction préliminaire, et l'affaire se poursuit. Vérifiez les règles les plus récentes avant le dépôt.
Plafond, durée et passage à la carte verte
Selon l'INA 214(o)(2), le statut T peut être accordé à 5 000 demandeurs principaux au plus par exercice financier; les membres de la famille ne sont pas comptés. Le statut T est accordé pour 4 ans au maximum et peut être prolongé notamment lorsque les autorités attestent que c'est nécessaire, en cas de circonstances exceptionnelles, ou lorsqu'une demande d'ajustement de statut a été déposée.
Selon l'INA 245(l), les principales conditions pour que le titulaire du statut T obtienne la carte verte sont les suivantes :
- Avoir été physiquement présent aux États-Unis de façon continue pendant 3 ans depuis la première admission sous statut T (ou l'obtention de ce statut), ou pendant la durée de l'enquête ou des poursuites relatives à la traite, à condition que celles-ci soient terminées, selon la période la plus courte;
- Avoir fait preuve de bonnes mœurs pendant cette période;
- Avoir répondu aux demandes d'aide raisonnables des autorités, ou subir, en cas de renvoi, des difficultés extrêmes comportant un préjudice inhabituel et grave; la collaboration n'est pas exigée si la personne avait moins de 18 ans au moment des faits;
- Être admissible sur le territoire ou obtenir une dispense; l'ajustement de statut est une décision discrétionnaire.
Les membres de la famille peuvent demander la carte verte en même temps, à titre de demandeurs dérivés. Pour voyager avant l'obtention de la carte verte, il faut obtenir au préalable un document de retour anticipé, faute de quoi vous pourriez perdre votre statut et votre admissibilité.
Motifs de refus courants et recours
- Impossibilité de prouver la force, la fraude ou la contrainte, le dossier étant alors considéré comme un simple litige de travail ou un passage clandestin;
- Impossibilité de prouver la présence aux États-Unis « en raison de la traite », par exemple après plusieurs entrées et sorties une fois la traite terminée;
- Absence de collaboration avec les autorités sans exception applicable, ou preuves insuffisantes;
- Preuves des difficultés en cas de renvoi qui n'atteignent pas le seuil du « préjudice inhabituel et grave »;
- Motif d'interdiction de territoire grave et refus de l'I-192;
- Contradictions entre la déclaration personnelle et les autres preuves, qui mettent en doute la crédibilité.
Après un refus de l'I-914, vous pouvez, dans le délai prescrit, faire appel auprès du Bureau des appels administratifs (AAO) ou présenter une requête au moyen de l'I-290B. Si vous n'avez plus de statut légal après un refus, vous pourriez être exposé à des mesures d'application de la loi; consultez un avocat sans tarder.
Comparaison du visa T et du visa U
| Élément | Visa T (I-914) | Visa U (I-918) |
|---|---|---|
| Personnes protégées | Victimes d'une forme grave de traite de personnes | Victimes de plus d'une vingtaine de crimes admissibles (y compris la traite de personnes) |
| Certification des autorités | Supplement B facultatif | Supplement B obligatoire |
| Collaboration avec les autorités | Répondre aux demandes raisonnables; exceptions pour les moins de 18 ans au moment des faits ou en cas de traumatisme | Avoir aidé, aider ou être susceptible d'aider |
| Exigence de préjudice ou de difficultés | Difficultés extrêmes comportant un préjudice inhabituel et grave en cas de renvoi | Préjudice physique ou psychologique grave causé par le crime |
| Lieu de la demande | Présence aux États-Unis ou dans un autre lieu prévu par la loi | Peut être déposée de l'étranger |
| Plafond annuel | 5 000 demandeurs principaux | 10 000 demandeurs principaux, arriéré important |
| Passage à la carte verte | 3 ans ou fin de l'enquête (selon la période la plus courte) | 3 ans |
Les victimes de la traite remplissent souvent aussi les conditions du visa U. Le visa T subit une pression moindre sur le plafond et n'exige pas de certification des autorités, mais les conditions de « présence aux États-Unis » et de « difficultés extrêmes » sont plus strictes. Le choix d'une voie, ou le dépôt des deux demandes, doit être déterminé par un avocat en fonction des preuves. Voir l'I-918 (visa U).
Questions fréquentes
Je suis venu légalement avec un visa de travail; puis-je quand même être victime de la traite?
C'est possible. La traite de personnes n'exige ni entrée illégale ni passage de frontière. Si un employeur ou un intermédiaire vous a forcé à travailler en confisquant vos papiers, en vous contrôlant par la dette, en menaçant de vous faire renvoyer ou de vous faire du mal, il peut s'agir de traite à des fins de travail. Tout dépend des faits.
Je n'ai pas porté plainte; puis-je demander le visa T?
En principe, le visa T exige de répondre aux demandes raisonnables des autorités, mais il existe des exceptions si vous aviez moins de 18 ans au moment des faits ou si un traumatisme vous empêche de collaborer. Par ailleurs, la « collaboration » s'entend de la réponse à des demandes raisonnables; si vous êtes prêt à collaborer mais que les autorités ne vous ont pas contacté, il faut aussi l'expliquer dans votre déclaration. Avant de présenter la demande, il est généralement recommandé d'évaluer avec un avocat s'il y a lieu de prendre contact avec les autorités, et comment.
Les autorités refusent de signer le Supplement B; cela nuit-il à ma demande?
Le Supplement B n'est pas obligatoire. Sans lui, vous pouvez prouver la victimisation et votre collaboration au moyen d'autres preuves crédibles. Cela dit, les dossiers qui comportent une déclaration des autorités sont généralement mieux étayés.
Puis-je travailler pendant l'examen de ma demande de visa T?
Vous pouvez travailler une fois l'examen de bonne foi (BFD) obtenu et l'action différée et l'autorisation de travail accordées. Une fois le statut T officiellement accordé, le demandeur principal obtient l'autorisation de travail de plein droit. La politique sur l'action différée a changé ces dernières années; consultez les règles officielles en vigueur.
Puis-je retourner dans mon pays d'origine pour rendre visite à ma famille avec le statut T?
Vous devez obtenir un document de retour anticipé avant de partir, faute de quoi vous pourriez perdre le statut T et l'admissibilité à la carte verte. Un retour dans le pays d'origine pourrait aussi être perçu comme affaiblissant l'argument selon lequel un renvoi vous causerait des difficultés extrêmes; consultez impérativement un avocat au préalable.
Mes parents et mes frères et sœurs dans mon pays d'origine sont menacés par les trafiquants; puis-je les faire venir?
S'ils font face à un danger réel de représailles parce que vous vous êtes échappé ou avez collaboré avec les autorités, vos parents et vos frères et sœurs non mariés de moins de 18 ans peuvent, quel que soit votre âge, présenter une demande au moyen du Supplement A. Il faut fournir des preuves de l'existence des menaces.
Sources officielles
- USCIS : page officielle du Form I-914
- USCIS : Victims of Human Trafficking: T Nonimmigrant Status
- Federal Register : règle finale de 2024 sur le visa T (89 FR 34864)
- USCIS Policy Manual, volume 3, partie B : victimes de la traite de personnes
- 8 CFR partie 214 (y compris la sous-partie sur le statut de non-immigrant T)
- Barème des frais de l'USCIS G-1055
À lire aussi
- Guide du formulaire I-918 : visa U (victimes d'actes criminels)
- Guide du formulaire I-192 : dispense d'interdiction de territoire pour non-immigrants
- Guide du formulaire I-485 : ajustement de statut
- Guide du formulaire I-765 : autorisation de travail
Si vous ou un membre de votre famille avez été forcé de travailler ou de vous livrer au commerce du sexe aux États-Unis et souhaitez savoir si vous êtes admissible au visa T et comment préparer vos preuves, demandez une évaluation par l'avocat. Si vous êtes actuellement en danger, composez d'abord le 911.
Cet article est une présentation générale et ne constitue pas un avis juridique. La réglementation et les politiques peuvent changer; référez-vous aux plus récentes informations officielles et à l'avis précis d'un avocat.