Investisseurs chinois : demander l'E-2 américain par la nationalité d'un pays tiers
Informations vérifiées en octobre 2026. Les règles et les montants des programmes changent souvent; vérifiez les règles officielles en vigueur du pays.
Le visa d'investisseur visé par un traité E-2 (Treaty Investor) permet aux ressortissants d'un pays signataire d'investir dans une entreprise américaine et de la diriger personnellement. L'investisseur peut être accompagné de son conjoint et de ses enfants célibataires de moins de 21 ans, et le visa peut être renouvelé tant que l'entreprise demeure réellement en activité. Il n'y a pas de liste d'attente et le traitement repose principalement sur une entrevue consulaire, ce qui explique qu'on le compare souvent à l'EB-5. L'E-2 comporte toutefois une condition préalable : le demandeur doit être ressortissant d'un pays ayant conclu le traité requis avec les États-Unis. La Chine continentale ne figure pas sur la liste, d'où l'idée de la « nationalité d'un pays tiers + E-2 ».
Cette voie n'a rien de simple. L'AMIGOS Act, entré en vigueur à la fin de 2022, impose aux personnes ayant « acquis leur nationalité au moyen d'un investissement » une exigence de résidence continue (domicile) de 3 ans, et les programmes de citoyenneté par investissement se sont resserrés depuis deux ans. Cet article décompose ce parcours en plusieurs étapes : pourquoi la demande directe est impossible, comment choisir le pays tiers, ce que signifie réellement l'exigence de résidence de 3 ans, ce que l'E-2 exige en soi, et les pièges courants.
Rôle du cabinet : Wang Law Firm, LLC (avocat responsable : Me David Wang) offre uniquement des services juridiques en immigration américaine. Le cabinet n'est l'agent autorisé (Authorized Agent) d'aucun programme de citoyenneté par investissement (CBI), ne vend aucun programme, ne perçoit aucune commission sur les programmes et ne traite aucune demande de nationalité ou de résidence étrangère. Les demandes auprès d'un autre pays doivent être traitées par un avocat local titulaire d'un permis d'exercice ou par un agent autorisé par le gouvernement de ce pays. Le cabinet peut se coordonner avec eux; son rôle porte sur la planification et la demande subséquentes du visa américain (comme l'E-2).
1. Pourquoi les citoyens de Chine continentale ne peuvent pas demander directement l'E-2
Le fondement juridique de l'E-2 est l'article 101(a)(15)(E) de l'Immigration and Nationality Act (INA) : le demandeur doit être ressortissant d'un pays ayant conclu avec les États-Unis un traité de commerce et de navigation (ou un arrangement que le Congrès considère comme équivalent, tel qu'un traité bilatéral d'investissement). Les pays admissibles à l'E-1 et à l'E-2 sont ceux qui figurent sur la liste des pays signataires (Treaty Countries) publiée par le Département d'État américain.
- Chine continentale : la République populaire de Chine ne figure pas sur la liste. Les titulaires d'un passeport chinois ne peuvent demander ni l'E-1 ni l'E-2.
- Taïwan : la liste mentionne « China (Taiwan) », admissible à l'E-1 et à l'E-2 depuis le 30 novembre 1948. Le Département d'État précise en note que cet accord a été conclu avec les autorités de Taïwan avant le 1er janvier 1979 et qu'il est désormais appliqué de façon non officielle par l'American Institute in Taiwan (AIT). En pratique, les titulaires d'un passeport taïwanais qui satisfont aux critères de nationalité peuvent demander l'E-2 sur cette base; pour les documents exigés, vérifiez les règles en vigueur de l'AIT.
- Hong Kong : Hong Kong ne figure pas sur la liste. Les résidents permanents de Hong Kong de nationalité chinoise titulaires d'un passeport de la RAS de Hong Kong ne sont pas admissibles à l'E-2, au même titre que les ressortissants de Chine continentale; il en va de même pour Macao. Quant à savoir si les titulaires d'un passeport British National (Overseas), BN(O), peuvent présenter une demande en vertu du traité britannique, cela dépend de la définition de « ressortissant » dans ce traité et doit être vérifié au cas par cas, sans présumer de la réponse.
Deux idées fausses courantes méritent aussi d'être signalées :
- C'est la nationalité qui compte, pas le statut de résident. Une carte de résident permanent, un visa de longue durée ou une carte verte d'un pays signataire ne remplacent pas la nationalité de ce pays.
- Le lieu de constitution de la société ne détermine pas sa nationalité. Le Foreign Affairs Manual du Département d'État (9 FAM 402.9-4(B)) précise que la nationalité d'une entreprise est déterminée par la nationalité de ses propriétaires individuels, et non par son lieu de constitution. Constituer une société dans un pays signataire, contrôlée par des actionnaires de nationalité chinoise, ne confère pas à l'entreprise la nationalité de ce pays.
2. Le principe de la « nationalité d'un pays tiers + E-2 »
Le principe est simple : obtenir d'abord légalement la nationalité d'un pays signataire d'un traité E-2, puis, en qualité de ressortissant de ce pays, investir dans une entreprise américaine et demander l'E-2. Chaque étape comporte toutefois des conditions strictes :
- Choisir le pays : le pays doit figurer sur la liste des pays signataires E-2, et une voie d'accès à sa nationalité doit vous être ouverte (citoyenneté par investissement, résidence suivie de la naturalisation, filiation, mariage, etc.).
- Obtenir la nationalité : la démarche est confiée à un avocat titulaire d'un permis d'exercice ou à un agent autorisé de ce pays; l'examen comprend une vérification diligente (due diligence), l'origine des fonds, l'absence d'antécédents judiciaires, etc.
- Satisfaire à l'exigence de résidence de 3 ans de l'AMIGOS Act (si vous avez acquis la nationalité au moyen d'un investissement financier; voir la section 3).
- Investir aux États-Unis : l'entreprise américaine doit appartenir à au moins 50 % à des ressortissants du pays signataire; l'investissement doit être « substantiel », les fonds exposés à un risque, l'entreprise non marginale, et c'est vous-même qui développez et dirigez l'exploitation.
- Déposer la demande E-2 : on dépose généralement le formulaire DS-160 et le dossier E-2 auprès d'une ambassade ou d'un consulat des États-Unis, et le visa est délivré après l'entrevue. Le Département d'État a beaucoup modifié ces dernières années les exigences de procédure, notamment le lieu de l'entrevue (en principe, dans le pays de nationalité ou de résidence); vérifiez les règles les plus récentes avant le dépôt.
Une autre règle est souvent négligée : une même entreprise E-2 ne peut avoir qu'une seule « nationalité admissible ». Le manuel du Département d'État (9 FAM 402.9) exige que les propriétaires de l'entreprise et tous les employés travaillant sous statut E aient la nationalité du même pays signataire (le manuel prévoit des règles particulières pour quelques structures d'actionnariat). Un propriétaire ayant la double nationalité doit choisir celle sur laquelle repose sa demande.
3. L'AMIGOS Act : l'exigence de résidence continue de 3 ans
Le texte et sa portée
L'article 5902 de la National Defense Authorization Act for Fiscal Year 2023 (Public Law 117-263), promulguée le 23 décembre 2022, a intégré le contenu de l'AMIGOS Act (S. 1194 / H.R. 2571) et ajouté un passage entre parenthèses à l'article 101(a)(15)(E) de l'INA. Pour l'étranger qui « a acquis la nationalité en cause au moyen d'un investissement financier et n'a jamais obtenu auparavant le statut prévu à ce paragraphe (statut E) », le texte limite le pays de nationalité à :
“the foreign state of which the alien is a national and in which the alien has been domiciled for a continuous period of not less than 3 years at any point before applying for a nonimmigrant visa under this subparagraph”
En substance : seul est considéré comme pays de nationalité aux fins du visa E le pays dont l'étranger a la nationalité et dans lequel il a été domicilié (domiciled) de façon continue pendant au moins 3 ans, à tout moment avant de demander un visa de non-immigrant de catégorie E. La même loi a aussi rendu les ressortissants portugais admissibles à l'E-1 et à l'E-2 (la liste du Département d'État indique que les visas E des ressortissants portugais sont délivrés depuis le 15 mars 2024).
Cette exigence comporte trois éléments :
- « Nationalité acquise au moyen d'un investissement financier » : les programmes typiques de citoyenneté par investissement (CBI) sont manifestement visés. Les personnes ayant acquis leur nationalité par la naissance, la filiation ou le mariage n'y sont généralement pas assujetties.
- « N'a jamais obtenu de statut E auparavant » : les personnes ayant déjà obtenu un statut E ne sont pas soumises à la nouvelle exigence. Quant à savoir si une personne qui a séjourné aux États-Unis comme membre de la famille d'un titulaire E-2, puis devient elle-même demandeur principal, a « déjà obtenu ce statut », le texte ne le précise pas; une analyse au cas par cas s'impose.
- « Résidence continue de 3 ans à tout moment avant la demande » : le texte dit « at any point before applying »; à la lettre, il n'exige pas que ces 3 ans précèdent immédiatement la demande, ni expressément qu'ils soient postérieurs à la naturalisation. Il n'existe pas, à ce jour, d'interprétation officielle publique sur la prise en compte de la résidence antérieure à la naturalisation; il serait imprudent de la présumer.
Les modalités d'application du Département d'État relèvent du Foreign Affairs Manual (9 FAM 402.9) et de la pratique consulaire. À la date de notre vérification, nous n'avons trouvé dans le texte public du 9 FAM 402.9 ni définition précise de « domicile » ni liste de preuves; les indications ci-dessous sur les moyens de preuve sont donc une analyse fondée sur le sens habituel de ce terme en droit américain, et non une norme officielle.
Que signifie « domicile », et comment le prouver
En droit américain, le « domicile » est généralement plus exigeant que la simple « résidence » : il désigne habituellement le lieu où une personne vit réellement et qu'elle entend faire son foyer principal et durable. Une personne peut avoir plusieurs résidences, mais en principe un seul domicile. Des séjours occasionnels, des vacances de courte durée ou une « résidence sur papier », avec une adresse mais sans vie réelle sur place, pourront difficilement être considérés comme un domicile.
En pratique, on peut envisager de réunir les preuves suivantes (il ne s'agit pas d'une liste officielle) :
- un bail de longue durée ou un bien immobilier à votre nom, ainsi que des factures d'électricité, d'eau, d'Internet, etc.;
- des relevés d'entrées et de sorties montrant que vous passez la majeure partie de votre temps dans ce pays;
- un compte bancaire local et des relevés de dépenses courantes;
- des déclarations de revenus dans ce pays ou une attestation de résidence fiscale;
- un emploi, une activité d'entreprise, une inscription à la sécurité sociale ou à l'assurance maladie sur place;
- l'inscription des enfants dans une école locale;
- un permis de conduire, une inscription au registre des résidents, la participation à une communauté ou à un groupe religieux, ou d'autres attaches de vie.
À l'inverse, si pendant la même période vous conservez un emploi à temps plein, votre résidence principale, la scolarité de vos enfants et vos déclarations fiscales en Chine ou dans un autre pays, l'agent consulaire risque fort de se demander où se trouve réellement votre domicile.
Incidences sur l'échéancier et les coûts
- Délai : dans la plupart des cas de citoyenneté par investissement, « demander l'E-2 dès la naturalisation » n'est plus possible. La planification doit prévoir une période de résidence effective d'au moins 3 ans, en plus du délai de traitement de la naturalisation et du temps de préparation de l'E-2.
- Organisation de la vie : toute la famille déménagera-t-elle dans ce pays? Où les enfants iront-ils à l'école? Qu'adviendra-t-il de votre emploi et de votre entreprise en Chine? Il faut y réfléchir à l'avance.
- Coûts : outre l'investissement de naturalisation et les frais gouvernementaux, il faut compter 3 ans de logement, de vie courante et de scolarité sur place, ainsi que l'éventuelle résidence fiscale locale et les obligations déclaratives qui en découlent (consultez un fiscaliste local).
- Immobilisation des fonds : l'investissement de naturalisation et l'investissement E-2 aux États-Unis sont deux sommes distinctes; le premier ne peut pas être compté dans le montant investi pour l'E-2.
- Risque réglementaire : pendant les 3 ans d'attente, les règles du programme du pays, la liste des pays signataires américaine ou les pratiques d'application peuvent changer.
4. Comparaison des pays de citoyenneté par investissement donnant accès à l'E-2
Dans le tableau ci-dessous, la « date d'entrée en vigueur de l'E-2 » provient de la liste des pays signataires du Département d'État américain; les seuils d'investissement, durées de détention et autres données ont été compilés selon des sources publiques de 2026; vérifiez les règles officielles en vigueur du pays. Ces programmes changent souvent; le tableau ne présente que les principales voies que nous avons pu recouper, sans les frais gouvernementaux, de vérification diligente, d'agent, etc.
| Pays | Entrée en vigueur de l'E-2 (liste du Département d'État) | Principales voies et seuils d'investissement (selon des sources publiques de 2026) | Durée de détention | Exigence de résidence pour la naturalisation elle-même |
|---|---|---|---|---|
| Grenade | 3 mars 1989 | Contribution au National Transformation Fund (NTF) à partir de 235 000 $ US (non remboursable, famille de 4 personnes au plus); ou projet immobilier approuvé par le gouvernement à partir de 270 000 $ US, plus des frais gouvernementaux | Généralement 5 ans pour la voie immobilière | Aucune résidence obligatoire pour l'instant; une loi de 2026 prévoit une exigence de résidence cumulative de 30 jours au cours des 5 premières années suivant la naturalisation, mais sa mise en œuvre a été reportée à une date à fixer après l'entrée en activité de l'organisme de réglementation régional des Caraïbes orientales (ECCIRA) |
| Turquie | 18 mai 1990 | Bien immobilier à partir de 400 000 $ US (selon le rapport d'évaluation); ou dépôt bancaire, titres d'État, fonds de placement immobilier ou de capital-risque, régime de retraite privé, investissement en capital fixe, à partir de 500 000 $ US chacun; ou embauche de 50 citoyens turcs | 3 ans pour la plupart des voies | La naturalisation n'exige pas un nombre minimal de jours de résidence effective (un permis de séjour est requis comme étape de la procédure) |
| Égypte | 27 juin 1992 | Contribution au Trésor de 250 000 $ US (non remboursable); ou bien immobilier de 300 000 $ US; ou investissement de 350 000 $ US dans une société plus une contribution de 100 000 $ US; ou dépôt de 500 000 $ US (remboursé sans intérêts en livres égyptiennes après 3 ans) | Environ 5 ans pour l'immobilier et la société; 3 ans pour le dépôt | Les sources publiques ne mentionnent aucune exigence distincte de jours de résidence; selon certains reportages, les vérifications se sont resserrées ces dernières années; vérifiez les règles officielles en vigueur en Égypte |
| Jordanie | 17 décembre 2001 | Dépôt sans intérêts de 1 000 000 $ US à la Banque centrale de Jordanie; ou titres d'État de 1 000 000 $ US; ou actions de PME de 1 500 000 $ US; ou nouveau projet (1 000 000 $ US à Amman avec 20 emplois, 750 000 $ US hors d'Amman avec 10 emplois) | 3 ans pour le dépôt et les actions; 6 ans pour les titres d'État | Les sources publiques ne mentionnent aucune exigence distincte de jours de résidence |
| Macédoine du Nord | Inscrite sur la liste sous le nom de Macedonia, par succession au traité yougoslave | Derniers seuils publiés : 200 000 € dans un fonds de capital-investissement approuvé, ou 400 000 € dans une nouvelle entreprise avec 10 emplois | 2 ans pour le fonds; maintien des employés pendant 1 an pour l'entreprise | Selon des publications du secteur de 2026, le pays modifie les règles applicables et l'Union européenne demande la suppression de la citoyenneté par investissement; l'avenir de cette voie est incertain et elle ne se prête pas à une planification courante |
| Monténégro | Le Monténégro figure sur la liste (par succession au traité de 1882) | Le programme de citoyenneté par investissement a cessé d'accepter de nouvelles demandes à la fin de 2022 | — | Programme fermé; les ressortissants monténégrins peuvent toujours demander l'E-2 en vertu du traité, mais il n'est plus possible d'acquérir cette nationalité par ce programme |
Quelques précisions :
- Toute personne ayant acquis sa nationalité par l'un des programmes d'investissement ci-dessus doit satisfaire à l'exigence de résidence de 3 ans de l'AMIGOS Act avant de demander l'E-2. Que le pays de naturalisation exige ou non une résidence est une question distincte de l'exigence de domicile en droit américain.
- En 2026, l'Union européenne, invoquant l'exemption de visa Schengen, a demandé aux pays des Caraïbes offrant la citoyenneté par investissement de mettre progressivement fin à leurs programmes; les arrangements de la Macédoine du Nord retiennent aussi l'attention de l'UE. Les programmes peuvent être modifiés, voir leurs seuils relevés ou être suspendus à tout moment.
- Selon une déclaration du ministère de l'Intérieur de la Turquie publiée en août 2026 (rapportée par plusieurs médias), 6 134 personnes ayant acquis la nationalité par investissement (conjoints et enfants compris) ont été déchues de leur nationalité, principalement en raison de collusion ou de transactions irrégulières décelées lors de vérifications, et en partie pour des motifs d'ordre public et de sécurité nationale. L'examen des demandes et les vérifications a posteriori se renforcent.
Pour le détail de chaque pays, voir les pages consacrées à la Grenade et à la Turquie.
5. Pourquoi les quatre autres pays des Caraïbes ne donnent pas accès à l'E-2
Cinq pays des Caraïbes orientales offrent la citoyenneté par investissement : la Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Antigua-et-Barbuda, la Dominique et Sainte-Lucie. Seule la Grenade figure sur la liste des pays signataires E-2 (en vertu d'un traité bilatéral d'investissement entré en vigueur en 1989). Les quatre autres n'ont pas de traité E-2 avec les États-Unis; leurs passeports ne permettent pas de demander l'E-2, quel que soit le mode de naturalisation ou la durée de résidence.
Par ailleurs, la proclamation présidentielle no 10998, signée le 16 décembre 2025 et entrée en vigueur le 1er janvier 2026, suspend partiellement la délivrance des visas d'immigrant ainsi que des visas de non-immigrant B-1/B-2, F, M et J aux ressortissants d'Antigua-et-Barbuda et de la Dominique, en invoquant notamment les programmes de citoyenneté par investissement de ces deux pays; elle exige aussi d'écourter la durée de validité des autres visas de non-immigrant délivrés à leurs ressortissants. Les visas E ne sont pas visés par la suspension, mais ces deux pays ne sont de toute façon pas signataires d'un traité E-2. La proclamation fait l'objet d'un réexamen périodique et pourrait être modifiée; vérifiez les publications en vigueur du Département d'État. Pour en savoir plus, voir la vue d'ensemble de la citoyenneté par investissement dans les Caraïbes.
6. La résidence d'abord, la naturalisation ensuite : le Panama et l'Europe
Une autre stratégie consiste à obtenir d'abord une résidence par investissement (couramment appelée « visa doré ») dans un pays signataire E-2, puis, après y avoir réellement vécu plusieurs années, à demander la naturalisation selon la loi sur la nationalité de ce pays. Le Panama (E-2 seulement, depuis le 30 mai 1991), le Portugal (E-1 et E-2, depuis le 15 mars 2024), l'Italie et la Lettonie figurent sur la liste E-2; l'Espagne et l'Irlande sont signataires E-2, mais leurs programmes de résidence par investissement n'acceptent plus de nouvelles demandes; la Grèce n'a que l'E-1, pas l'E-2; la Hongrie, Malte et Chypre ne figurent pas sur la liste pour l'instant.
- Un délai plus long : la naturalisation exige habituellement plusieurs années de résidence légale, souvent assorties d'examens de langue et de culture ainsi que d'un nombre minimal de jours de présence effective; elle est accordée par le gouvernement du pays et ne découle pas automatiquement de l'investissement.
- Une résidence réelle : vivre plusieurs années sur place en vue de la naturalisation crée objectivement des preuves de domicile assez solides.
- L'application de l'AMIGOS Act s'analyse au cas par cas : le texte vise la « nationalité acquise au moyen d'un investissement financier ». Une personne qui a obtenu sa résidence par investissement, puis s'est fait naturaliser sur la base de sa durée de résidence, entre-t-elle dans cette catégorie? Ni le texte ni les directives publiques du Département d'État ne répondent clairement; il faut en juger au cas par cas, selon le fondement de la naturalisation et les faits de résidence.
Voir Résidence permanente d'investisseur qualifié au Panama et Visas dorés européens.
7. Points essentiels des exigences de l'E-2
La nationalité d'un pays signataire n'est qu'un ticket d'entrée. La demande E-2 doit encore satisfaire à chacune des conditions suivantes :
- l'entreprise américaine appartient à au moins 50 % à des ressortissants du pays signataire, et c'est vous qui en développez et dirigez l'exploitation (participation de plus de 50 % ou contrôle opérationnel);
- un capital « substantiel » a été investi ou est en voie de l'être activement, les fonds sont exposés à un risque et engagés de façon irrévocable dans l'entreprise;
- l'entreprise est une entité commerciale réelle et en activité, et non un placement passif (par exemple la simple détention d'immeubles locatifs ou d'actions);
- l'entreprise ne doit pas être « marginale » : elle doit pouvoir procurer à la famille de l'investisseur un revenu supérieur au strict minimum vital, ou contribuer de façon importante à l'économie américaine;
- les fonds ont une origine légale et peuvent être entièrement retracés;
- vous avez l'intention de quitter les États-Unis à la fin de votre statut E.
Pour le détail des conditions, des formes d'investissement et des documents, voir le dossier E-2; pour la rédaction du plan d'affaires, voir Le plan d'affaires E-2. La durée de validité du visa E-2 dépend des arrangements de réciprocité applicables au pays du passeport du demandeur et varie beaucoup d'une nationalité à l'autre; vérifiez le tableau de réciprocité en vigueur du Département d'État.
8. Rappel sur la loi chinoise sur la nationalité
L'article 3 de la Loi sur la nationalité de la République populaire de Chine prévoit que la République populaire de Chine ne reconnaît pas la double nationalité à ses citoyens; l'article 9 prévoit que tout citoyen chinois établi à l'étranger qui acquiert volontairement une nationalité étrangère perd automatiquement la nationalité chinoise. Avant d'acquérir la nationalité d'un pays tiers, il convient d'évaluer objectivement les incidences possibles sur l'enregistrement du ménage (hukou), le passeport chinois, les modalités d'entrée et de sortie du territoire, les biens immobiliers et financiers en Chine, les successions, la sécurité sociale, l'éducation des enfants, etc. Ces questions relèvent du droit chinois; nous vous recommandons de consulter un avocat autorisé à exercer en Chine ou un autre professionnel.
9. Les limites de l'E-2
- Ce n'est pas une carte verte : l'E-2 est un visa de non-immigrant; il ne peut pas être converti directement en carte verte et ne compte pas dans la durée de résidence requise pour la naturalisation américaine. Si votre objectif final est la carte verte, évaluez en parallèle d'autres voies, comme l'EB-5.
- La dépendance envers l'entreprise : si l'entreprise cesse ses activités, est vendue ou si vous n'en assurez plus la direction, le fondement du statut E-2 disparaît; lors du renouvellement, l'agent consulaire examine l'exploitation réelle.
- Le conjoint : le conjoint peut vous accompagner à titre de membre de la famille E-2. Selon la politique actuelle de l'USCIS, l'autorisation de travail du conjoint E-2 découle de son statut et est attestée par la mention correspondante sur le formulaire I-94; vérifiez les publications en vigueur de l'USCIS.
- Les enfants : les enfants célibataires de moins de 21 ans peuvent vous accompagner et étudier aux États-Unis, mais ne peuvent pas travailler à titre de membres de la famille; à 21 ans, ils doivent passer à un autre statut (comme le F-1) ou quitter les États-Unis. Les familles dont les enfants sont plus âgés doivent intégrer ce point à l'échéancier, en même temps que la période de résidence de 3 ans.
- La nationalité des membres de la famille : les membres de la famille n'ont pas à posséder la nationalité du pays signataire, mais le demandeur principal doit lui-même en être ressortissant.
10. Idées reçues
- « Une fois le passeport acheté, on peut demander l'E-2 aussitôt. » Les personnes ayant acquis leur nationalité au moyen d'un investissement financier et n'ayant jamais obtenu de statut E doivent d'abord satisfaire à l'exigence de résidence continue de 3 ans.
- « Tous les passeports des Caraïbes donnent accès à l'E-2. » Des cinq pays, seule la Grenade est signataire d'un traité E-2.
- « L'investissement de naturalisation compte comme investissement E-2. » Les deux sont distincts; l'investissement E-2 doit être fait dans une entreprise américaine.
- « Il suffit de constituer une société dans un pays signataire. » La nationalité de l'entreprise dépend de celle de ses propriétaires, et non de son lieu de constitution.
- « Une carte de séjour et quelques visites suffisent pour être résident. » Le domicile désigne le véritable lieu de résidence principal; les arrangements sur papier sont très risqués.
- « L'E-2 finira par se convertir en carte verte. » Il n'existe aucune passerelle directe de l'E-2 vers la carte verte; il faut satisfaire séparément aux conditions d'une catégorie d'immigrant.
- « Les règles des programmes ne changeront pas. » Les seuils, les vérifications et les exigences de résidence des différents pays ont souvent changé ces dernières années, et la liste des pays signataires et la politique de visas américaines peuvent aussi évoluer.
Questions fréquentes
Peut-on demander l'E-2 avec un passeport de la RAS de Hong Kong?
Non. Hong Kong ne figure pas sur la liste des pays signataires E-2 du Département d'État; les résidents de Hong Kong de nationalité chinoise titulaires d'un passeport de la RAS ne sont pas admissibles à l'E-2, au même titre que les ressortissants de Chine continentale. La situation des titulaires d'un passeport BN(O) est particulière et doit être vérifiée au cas par cas.
Peut-on demander l'E-2 avec un passeport taïwanais?
Oui. La liste du Département d'État mentionne « China (Taiwan) » comme partie admissible à l'E-1 et à l'E-2, le traité étant appliqué de façon non officielle par l'American Institute in Taiwan (AIT). Pour les documents et l'entrevue, vérifiez les règles en vigueur de l'AIT.
La période de résidence de 3 ans doit-elle commencer après la naturalisation?
Le texte de loi exige une résidence continue d'au moins 3 ans dans le pays « à tout moment avant la demande »; à la lettre, il ne précise pas qu'elle doit être postérieure à la naturalisation, mais il n'existe pas, à ce jour, d'interprétation officielle publique sur la prise en compte de la résidence antérieure. Nous recommandons une planification prudente et une évaluation au cas par cas, avant le dépôt, à la lumière des pratiques d'application les plus récentes du Département d'État.
J'ai déjà eu un statut E-2. Suis-je soumis à l'exigence de résidence de 3 ans?
Le texte exempte les personnes ayant « déjà obtenu un statut E ». Toutefois, le statut sous lequel vous l'avez obtenu (demandeur principal ou membre de la famille) et la nationalité utilisée influent sur l'analyse; il faut vérifier les dossiers précis et analyser la situation au cas par cas.
Vaut-il mieux choisir la Grenade ou la Turquie?
Il n'y a pas de réponse unique. Tout dépend de la forme d'investissement préférée (contribution ou actif récupérable), du montant des fonds, de l'âge des membres de la famille, de votre disposition à vivre sur place pendant 3 ans, de votre tolérance au risque réglementaire des programmes, etc. Le cabinet ne donne un avis que sur les incidences du côté de l'E-2 américain; pour le choix du pays de naturalisation et les démarches, consultez un avocat local titulaire d'un permis d'exercice ou un agent autorisé.
Quel est le montant minimal d'investissement pour l'E-2?
La loi ne fixe aucun montant minimal. L'investissement doit être proportionné aux coûts réels d'exploitation de l'entreprise et suffisant pour en assurer le succès; il s'apprécie selon le secteur et le plan d'affaires. Voir le dossier E-2.
Qu'advient-il de ma nationalité chinoise si j'acquiers celle d'un pays tiers?
Selon les articles 3 et 9 de la Loi sur la nationalité, la Chine ne reconnaît pas la double nationalité, et tout citoyen chinois établi à l'étranger qui acquiert volontairement une nationalité étrangère perd automatiquement la nationalité chinoise. Pour les incidences précises, consultez un professionnel du droit chinois.
Pouvez-vous vous charger de ma naturalisation en Turquie ou à la Grenade?
Non. Le cabinet offre uniquement des services juridiques en immigration américaine, n'est l'agent autorisé d'aucun programme de citoyenneté par investissement et ne perçoit aucune commission sur les programmes. Les demandes auprès d'un autre pays sont traitées par un avocat local titulaire d'un permis d'exercice ou par un agent autorisé; le cabinet peut se coordonner avec eux et se charge de la planification et de la demande subséquentes de l'E-2 américain.
Sources officielles
- Département d'État américain : Treaty Countries (liste des pays signataires E-1/E-2)
- Département d'État américain : Visa Reciprocity and Civil Documents by Country (tableau de réciprocité)
- Foreign Affairs Manual du Département d'État américain, 9 FAM 402.9 (visas E)
- U.S. Government Publishing Office : National Defense Authorization Act for Fiscal Year 2023 (Public Law 117-263, article 5902)
- Congrès américain : texte de l'AMIGOS Act (S. 1194)
- Investment Migration Agency de la Grenade
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Vous comparez encore les voies par un pays tiers? Avant d'engager les frais de naturalisation, vérifiez d'abord la faisabilité du volet E-2 américain et l'incidence de l'exigence de résidence de 3 ans sur votre échéancier. Prenez rendez-vous pour une évaluation.
Cet article est une présentation générale et ne constitue pas un avis juridique. Le cabinet offre uniquement des services juridiques en immigration américaine et n'est l'agent autorisé d'aucun programme de citoyenneté par investissement; pour toute question de nationalité ou de résidence dans un autre pays, consultez un avocat local titulaire d'un permis d'exercice ou un agent autorisé par le gouvernement.